Bonjour à tous zé à toutes...
Changer de paradigme permet souvent de découvrir un aspect nouveau des choses et c'est ce que j'essaie de faire régulièrement en relisant la VLC...
Depuis le début, tous ceux qui se sont intéressés à ce bouquin (y compris votre serviteur) semblent s'être auto-intoxiqués par les vapeurs délétères provenant de la Rennes du dessus et largement répandues par l'équipe plantardienne au point de s'acharner à vouloir y découvrir l'emplacement d'un trésor...
L'équation était simple... Boudet publie un livre "étrange" et, quelques années plus tard, le curé du village homonyme voisin découvre un "fabuleux trésor" largement mis en scène par PPSC et consorts... Le raccourci était facile et la VLC devait forcément indiquer l'emplacement de ce "fabuleux trésor" et personne n'a imaginé un seul instant que ce bouquin n'avait aucun rapport avec le "trésor" de Saunière avant que PPSC l'utilise dans sa forgerie à des fins qui m'échappent et m'indiffèrent...
L'idée de cette indépendance entre les deux affaires m'est subitement apparue dans le paragraphe dédié à la fontaine de ND de Marceille... La description de cette fontaine miraculeuse est introduite à la fin du paragraphe précédent présentant les propriétés chimiques des eaux de RlB par cette phrase très importante signifiant que l'exemple suivant (fontaine ND de Marceille) n'a absolument rien à voir avec la chimie (rien à voir, pour une fontaine redonnant la vue, il fallait oser !!!

)...
"à l'occasion des fontaines du cromleck de Rennes les Bains, nous voudrions donner, dans un ordre d'idées bien différent, un exemple frappant de l'avantage précieux que nous offrent les noms celtiques des fontaines, pour découvrir bien des faits perdus par la tradition et cachés dans l'obscurité des histoires locales."...
Dans ce paragraphe Boudet différentie curieusement "
les adorateurs de son Fils" et "
l'image vénérée" de la Mère du Sauveur... Deux pages plus loin il dit "
ils commencèrent à adorer ce qui autrefois était simplement en vénération", ce qui prouve qu'il fait bien la différence entre la respectable vénération et l'adoration idolatrique exprimée dans l'épisode du veau d'or lorsque Moïse redescend de la montagne où il a reçu la "connaissance"...
Il fustige donc les "culs bénis" qui adorent Jésus au lieu de vénérer le Sauveur...
La description de l'environnement de la fontaine avec son "haum moor" ainsi que sa propriété miraculeuse pourrait bien faire allusion à la mythologie nordique dont on retrouve pas mal d'allusions dans le reste du bouquin... Il semblerait qu'il relie ainsi les légendes païennes aux croyances judéo-chrétiennes quant à la transmission de la "connaissance"...
Voyons un peu ce que ça donne...
La mythologie nordique est basée sur un certain nombre de croyances dont le point central est la vénération d'Yggdrasil, l'arbre monde symbolisé par un if ou un orme, tous deux dotés d'une longévité exceptionnelle...
Cet arbre monde possède 3 racines (on y retrouve une sorte de Trinité) dont l'une est abreuvée par une source miraculeuse gardée par la tête coupée de Mimir, un Dieu Ase dispensant la connaissance... Odin étant allé le consulter, Mimir accepta de lui transmettre sagesse et connaissance contre un de ses yeux, ce qu'Odin accepta et il jeta son œil dans la fontaine... C'est ce qu'on appelle "jeter un œil"...
Nous avons tous les éléments dans ce chapitre... Le chemin bordé d'arbres
verts (pourquoi préciser la couleur sinon pour indiquer qu'ils sont
toujours verts comme Yggdrasil ???), la zone marécageuse ou "haum moor" (Mimir est l'
homme mort qui a été tué près d'un marécage et garde une source), l'œil d'Odin qui rend la vue aux aveugles (allégorie précisant qu'il faut confier ses yeux à la source pour obtenir la connaissance)...
Mais il semble que Boudet veuille mélanger plusieurs mythologies afin de démontrer leurs points communs et dénoncer les divergences des croyances "modernes" initiées par les hommes qui ont perdu la signification profonde de ces mythes, principalement le "mahométisme" et l'influence néfaste des romains (sous entendu l'église de Rome)...
Pour Jean Haudry, à la suite de Ferdinand Detter, la reconstruction d'une forme en *mīm- écarte dès l'abord toutes les hypothèses qui se fondent sur un -r- et notamment le recours à la racine *(s)mer- « se souvenir ». Tout comme le philologue allemand, il rapproche *mīm- de la racine *met- « mesurer », le nom de Mímir du v.a. metod, désignation du dieu chrétien et l'arbre de Mímir du miǫtviđr interprété comme l'« arbre de mesure », en partant d'une forme redoublée de la racine indo-européenne *meH1- « mesurer le temps » qui se retrouve avec la même voyelle dans le nom grec du mime mîmos. Le sens de « mesurer pour produire ou reproduire » conduit à ceux d'« imiter » et de « mimer », mais également à celui d'« attribuer une part » et de « destiner" (source Wikipedia)...
Boudet nous parle effectivement de "mesure" en l'associant à "ell" avec Abel (ce qui peut faire référence au
relèvement du Maitre mais aussi aux enfers "hell" qui se rapproche du "hel" nordique... Il parle aussi de distribuer (le pain) et de compter le temps... Ça fait quand même pas mal de points communs avec cette mythologie nordique ainsi qu'avec l'AT...
Quant à sa prédilection pour les chevaux et les chariots, on retrouve des chevaux fameux dans quasiment toutes les mythologies, qu'ils soient psychopompes ou tirent le char solaire, qu'ils possèdent 4 ou 8 pattes, qu'ils soient carnivores ou fassent jaillir une source d'un coup de sabot...
Enfin, la présence d'un "haum moor" et d'un menhir "décapité" près de RlB nous ramène à la tête de Mimir gardant la source de la sagesse et de la connaissance...
La VLC serait donc un bouquin hermético-religieux où le seul trésor à découvrir se trouverait en nous et notre façon de comprendre le monde où nous vivons, avec une notion évhémériste plus ou moins évidente... C'est d'ailleurs peut-être ça qui intéressait PPSC dans le montage de sa forgerie...
Avant je doutais et je me posais des questions.
Maintenant que je sais je m'en pose encore plus...