crétin premier a écrit : ↑02 juin 2025, 20:32
Salut Robert...
J'ai souvent envisagé que les dates citées par Boudet puissent être converties en distance mais je n'ai jamais eu le courage de vérifier ce que ça pouvait donner... Certaines dates comme celle de la fondation de Rome pourraient nous envoyer fort loin...
Salut Pierre,
Je n’ai aucun doute sur le fait que, dans La Vraie Langue Celtique, temps écoulé = distance parcourue. Comme dit Boudet, « le temps se compte par les nuits », où « nuit » est synonyme de « repos momentané », repos obligé par la présence d’un obstacle, donnant lieu à un « marais aux eaux stagnantes », des « mers mortes ». Bref, la vie est un long fleuve tout sauf tranquille, et la vallée qu’il occupe est un labyrinthe aux multiples obstacles. Tu avais toi-même fait une observation importante à ce sujet, en signalant un éventuel lien entre le mot anglais « fortnight… quatorze nuits, exprimant le temps écoulé en deux semaines » (mesure de temps) et les quatorze stations (arrêts, obstacles) formant le chemin de croix (mesure de distance).
Tu as raison de signaler la date de la fondation de Rome, car elle fait partie d’un nombre assez restreint de dates de l’ère préchrétienne données par Boudet, le plus souvent pour indiquer la fondation de nouveaux lieux d’occupation humaine, qui sont à leur tour, nous fait-il comprendre, le résultat de déplacements, voire fuites, de peuples conquis. Par exemple :
« La CONQUETE de l'Espagne par les Gals força les Ligures à SE DEPLACER, et, vers l'an 1400 AVANT JESUS-CHRIST, après avoir franchi les Alpes, ces derniers FONDERENT en Italie la domination des Ambras ou Ombres, 647 ans avant la fondation de Rome. »
« 753 ANS AVANT JESUS-CHRIST, Rome fut bâtie par Romulus… La FONDATION de Rome elle-même s'est faite d'après les usages gaulois, Romulus y ayant ouvert un asile aux vagabonds, aux mécontents et à tous ceux qui FUYAIENT les importunités de leurs créanciers. »
La défaite (mort du chef) qui fait fuir un peuple pour aller s’établir ailleurs, est de nouveau le sujet du passage suivant, sur la fondation de Lyon :
« Retournons vers le confluent de la Saône et du Rhône, afin d'y trouver Lugdunum, Lyon… Momoros et Atepomoros, qui avaient été DETRONES par Seséronéos, entreprirent d'après la réponse d'un oracle, de BATIR UNE VILLE sur cette éminence… Il est bien probable que les cités portant la terminaison dun ou dunum étaient primitivement des villes de refuge, où les débiteurs insolvables allaient se mettre à l'abri des poursuites de créanciers trop importuns... Le verbe to dun, offre un sens tout à fait clair, précis, expliquant parfaitement la cause de la FUITE précipitée d'un débiteur et sa retraite subite dans une ville éloignée. »
Le passage suivant est encore plus intéressant, car il y a tout : des dates, des morts, des déplacements de peuples, des fondations de villes :
« On ignore l'époque précise où les Ibères vinrent aborder sur la terre d'Espagne. Quelques historiens fixent leur EMIGRATION dans l'année 523 APRES LE DELUGE, c'est-à-dire, 1824 ANS AVANT JESUS-CHRIST. Ce serait ainsi dans le même siècle où Inachus, le plus ancien de tous les rois connus par les Grecs, FONDA LE ROYAUME d'Argos, tandis qu'en Orient, Abraham laissait par sa MORT (1821 AVANT JESUS-CHRIST) son fils Isaac héritier de sa foi, de sa puissance et des promesses divines. »
Et l’eau là-dedans ? Dans la mythologie grecque, nous savons qu’Inachus est un Dieu FLEUVE. En ce qui concerne Abraham, d’après mon interprétation, Boudet veut que nous l’imaginions, lui aussi, comme un long et puissant fleuve qui « imite le voyageur errant, allant çà et là, en attendant que le lieu de son séjour (arrêt, mort) soit fixé avec certitude ».
Ensuite :
- les bâtisseurs de Lyon, Momoros et Atepomoros, ne seraient-ils pas des métaphores pour le Rhône et la Saône ?
- Boudet décrit Hercule comme « une marée montante et envahissante ».
Etc. etc.
Les dates spécifiquement mentionnées par Boudet sont donc très importantes, car ils signalent des changements majeurs, des morts et des ressuscitations (souvent lointaines) de peuples. A tel point que « date » et « mort » deviennent quasi synonymes :
« D'après Strabon, la ville la plus importante des Redones était Condate. Elle devait être très fréquentée par la jeunesse studieuse des Gaules, car on y apprenait par coeur, les sciences communiquées par les Druides, – to con, apprendre par coeur, – death (dèth), la MORT ET SES SUITES ; ou bien encore – DATE (déte) époque –. »
A Condate, c’est-à-dire Rennes (-les-Bains), une MORT et une DATE nous intéressent particulièrement: la mort du Christ sur sa croix (de mission) et la date 1885 qui figure sur son socle.