Bonjour à tous,
Salut Aronnax !
(1/2) (la limitation à 5000 caractères est vraiment pénible)
L'aventure continue
Alors un peu de lecture !
« … Et, quand bien même j’eusse pu encore me consoler, j’étais surtout peiné d’avoir laissé au pied de l’arbre ma musette et mon pain
(Note 1), sans pouvoir jamais aller le rechercher; car, à peine me retournai-je qu’un vent violent se mit a souffler dans le sens inverse, au point de me renverser. Poursuivais-je mon chemin, je ne sentais absolument plus rien, ce qui pouvait m’être une preuve facile qu’il m’en coûterait la vie de vouloir m’opposer au vent. Aussi je pris la route, en pensant que j’allais m’efforcer d’arriver à destination, puisqu’il le fallait, avant la nuit. Alors, malgré la multitude de ce qui se révélait être, selon toute apparence, des détours, je les évitai cependant
a l’aide de ma boussole, me refusant de dévier d’un pas de la ligne méridienne, bien que la route fut parfois inégale et mal tracée, au point de provoquer mon réel désespoir (
Note 2). Tout en marchant, je ne cessai de penser a la colombe et au corbeau, sans pouvoir cependant déceler la signification du présage. Finalement, au sommet d’une haute montagne, j’aperçus de loin un beau portail vers lequel je pressai mes pas, sans prêter attention qu’il se trouvait à grande distance de moi, et a l’écart de la route. Le Soleil s’était déjà caché derrière les montagnes, et, loin à l’entour, je n’apercevais aucun lieu ou faire halte. j’en imputai la vue à Dieu seul qui aurait bien pu me laisser poursuivre mon chenin et me fermer les yeux pour m’empêcher de remarquer ce portail. Comme je l’ai déjà dit, je m’y dirigeai donc à grandes enjambées, et, quand je l’atteignis, le jour était assez lumineux encore pour que je pusse l’observer comme il le fallait. C’était un beau portail absolument royal dans lequel était gravée une foule de figures et d’objets magnifiques dont chacun revêtait - je 1’appris par la suite - , une signification particulière.
A la partie supérieure était fixée une plaque d’assez grande taille revêtue de ces mots : Loin de là, écartez-vous, profanes ! (
Note 3), auxquels s’en ajoutaient d’autres qu’il m’est réellement interdit de révéler.
Dès que je fus sous le portail, un personnage revêtu d’un habit bleu ciel surgit aussitôt. Je lui adressai un amical salut dont il me remercia certes, tout en réclamant cependant sur le champ ma lettre d’invitation.
Oh, que je fus heureux de l’avoir emportée, facile qu’il m’eût été de l’oublier, ce qui, comme il me le rapporta, était arrivé à d’autres invités. Je la lui présentai donc bien vite ; non seulement il en parut content, mais, à mon grand étonnement, il me fit l’insigne honneur de me dire : « Allez, mon frère, vous m’êtes un hôte cher ! » En outre, comme il avait désiré connaître mon nom, et que je lui avais répondu :
« Je suis le frère de la rouge Rose-Croix », il marqua un étonnement mêlé de joie, avant de prononcer ces paroles : « Mon frère, avez-vous sur vous assez d’argent pour pouvoir faire l’achat d’un signe ? » Ma réponse fut : « Ma fortune est modeste, voyez un peu ce que je possède et prenez autant qu’il vous plaira. » Quand il m’eut demandé ma gourde pleine d’eau, et que j’eus consenti à la lui donner,
il me remit un signe en or, qui portait ces deux seuls caractères : S C (
Note 4), en m’assurant que je tirerais profit de me les rappeler ... »