J’ai cité Ashmole l’anglais parce qu’il avait demandé en vain (mais à qui ?) d’être initié à la R + C, il s’était alors affilié à une loge de constructeurs, mais Moray est écossais et m’intéresse bien davantage par son parcours. Il aurait donc été initié en 1641,« il s'agit là de la première initiation franc-maçonne identifiée à avoir eu lieu sur le territoire anglais, bien qu'il s'agisse de l'initiation d'un écossais par une loge écossaise. Ii était proche de Thomas Vaughan (le second Philalethe), à la suite de son initiation, Robert Moray utilisa régulièrement l’étoile à cinq branches »
Son interprétation personnelle, extraite d’un courrier :
" Ce caractère ou hiéroglyphe que j’appelle une Étoile est célèbre parmi les Égyptiens et les Grecs. Pour la partie égyptienne, je te renvoie aux ouvrages de Kircher cités dans mon dernier courrier. Les Grecs le considéraient comme le symbole de la santé et de la sérénité du corps et de l’esprit, composé des 5 majuscules qui forment le mot HUGEIA, et je lui ai appliqué les initiales de 5 mots qui résument la religion chrétienne, ainsi que la philosophie stoïque, qu’on peut toutes y découvrir sans contrainte, et forment le doux mot AGAPA, qui comme tu le sais, signifie " Aime " ou " Il aime ", c’est à dire l’Amour réciproque de Dieu et de l’Homme et ce même mot est l’un des 5 évoqués par les 5 lettres. Les autres sont GNOTHI,PISTEUEI, ANECHO,APECHO. »
« On ne peut considérer Sir Robert Moray comme un franc-maçon typique du XVlle siècle. Le fait qu’il révèle tant de ce que la Franc-Maçonnerie signifiait pour lui le rend unique. Mais il concentre dans sa carrière et ses centres d’intérêts un grand nombre des éléments qui façonnèrent la Franc Maçonnerie. Il illustre également un autre changement en cours dans l’Ordre. Par son intérêt pour l’Hermétisme, la Rose-Croix, l’Alchimie et les symboles, il incarne les influences Renaissance qui avaient donné naissance à la Franc-Maçonnerie écossaise à l’époque de William Schaw. Par son intérêt pour la Science, ses tendances déistes, son culte de l’amitié et de la sociabilité, il reflète des influences qui annoncent les lumières plutôt qu’un retour à la Renaissance. Dans l’état de nos connaissances, il fut le seul au cours de sa vie ( à l’exception partielle d’Elias Ashmole ) à combiner ces éléments à l'héritage plus ancien de la Franc-Maçonnerie. Mais il montre le chemin vers l’avenir, car, à terme, ces influences allaient adapter l’Ordre, lui donner un sens nouveau dans une société en pleine évolution, et lui permettre de se répandre à travers l’Europe au milieu du XVllle siècle. »
Rudyard Kipling - Robert Moray, Stratège militaire, Diplomate, Espion, Juge, Philosophe, Naturaliste, Fondateur de la Royal Society et maçon non-opératif, initié en 1641
Aronnax :
Donc, c’est bien au cours de l’année 1726, dans le Graham, qu’est présenté pour la première fois un état primitif du grade de maître [...] en 1730, dans la Masonry, que l’on peut trouver une forme assez structurée du rite dans l’évolution de ce nouveau grade.
Tout cela est donc contemporain et ce changement symbolique procède d’une véritable « révolution culturelle » que l’écrivain et historien Gilles Pasquier résume fort bien en ces termes : « Les maçons spéculatifs ont intérêt à savoir ce qu’est la Maçonnerie opérative, la Franc-Maçonnerie ayant connu une mutation en passant de l’état opératif à l’état spéculatif. Ce changement de nature, qui a pris en tout et pour tout une vingtaine d’années, semble s’être accompagné de l’avènement du mythe d’Hiram dans le rituel du troisième grade »
La F. M. n’est pas passée de l’état opératif à l’état spéculatif, c’est un point de vue « anglé » ou français.

La F.M. d’obédiences est née au XVIIIe soi disant en 1717

à Londres et … ex nihilo. Elle ne fut jamais que spéculative, pas de tradition de tailleurs de pierres ! et pour cause « la ville est bâtie sur de l’argile (London clay). Une couche épaisse d’une centaine de mètres, les seules pierres qu’on y trouve sont d’origine écossaises et françaises. »
Selon R. Dachez :
A propos du terme Freemason rappelons ce qu'Eric Ward a montré. Dans ce problème complexe il faut distinguer philologiquement le terme de Freemason (en un mot) et celui de Free-Mason (en deux mots). Ward démontre définitivement que Freemason (en un mot) est un terme attesté au Moyen âge et désignant le Freestone Mason , tandis que le terme Free-Mason (en deux mots) apparaît au XVIIè siècle. Sa signification qui n'a rien à voir avec la légende de l'affranchissement de privilèges) est celle du maçon qui est libre. Mais libre de quoi ? De l'appartenance au métier ! Il est Free-Mason .
David Stevenson (non maçon) en présentant ses recherches fut reçu par les Frères comme un chien dans un jeu de quilles ! Et pourtant ! :
https://www.rudyard-kipling.fr/travaux-et-conferences
(2 articles en bas de page)
