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Il est étrange de constater que la perception de Plantard du monde souterrain de l'Agartha est en contradiction flagrante avec un autre article, celui du Dr Vergnes, intitulé « Le couperet maudit thibétain » publié dans le même numéro de la revue (page 16 à 18). Ce dernier explique ainsi que des êtres malveillants pénètrent dans les chambres cachées des temples tibétains et, qu'à l'aide d'un couperet, arrachent les souffles des parties supérieures des individus décédés. Tandis que Pierre de France conçoit la cité d'Agartha comme « le royaume de la féerie car, vraiment, cette cité souterraine nous donne l'impression d'un songe ».
Mais, d'autres surprises nous cueillent dans ce fascicule, Pierre de France rend hommage à celui qui le désigna comme son successeur à la tête d'Alpha Galates en septembre 42, feu Lecomte-Moncharville, en reprenant, dans cette seconde partie, les théories déjà développées dans Vaincre.
Plantard qualifie son mentor comme l'un des plus « grands initiés de l'époque : M. Le Comte Maurice Moncharville , lequel de sa propre main, trois mois avant sa mort a rédigé tel un testament le récit de son voyage à Lhassa (sic)... et celui de son voyage en 1907 dans les Sanctuaires d'Agartha». Puis, il poursuit en parlant de lui « Nous-mêmes, nous ne sommes que les interprètes, pouvons nous dire » des travaux laissés par Moncharville.
Dans la 2ème partie de l'article, il reprend l'idée du tableau publié dans Vaincre du 21 janvier 1943.

A la première lecture, les deux textes semblent similaires mais, en s'y attardant, le lecteur note deux subtilités : le terme « alpha » a disparu dans la généralité d'Agartha et le tableau (effectué par un « des maîtres du Secret ») servant à la compréhension des « trois symboles souverains » gravés sur la paroi de granit, tel qu'il apparaît dans Vaincre, ne correspond plus à celui de l'article de la revue. Le premier tableau est en substance faux et Plantard a pris la peine de le corriger à la main. Les symboles de la tri-unité de la matière ont été remis à leur place respective avec un rajout lumineux en bas de page validant cette fois la combinaison de cette tri-unité « Lorsque ces triangles s'unissent à l'aspiration de Tod ils forment la Force de Vie ».
Une dernière curiosité, et pas la moindre, a retenu notre attention en forme d'aveu déguisé de la part de Pierre Plantard :
« Pourquoi, dans ces conditions, n'avoir souligné de cet ouvrage, que le côté légendaire qui en amoindrit fatalement la portée. Simplement parce que le Comte Moncharville étant disparu, il nous était impossible de prendre juridiquement la responsabilité de cette présente révélation sur les sanctuaires de Bretagne et de répondre de l'authenticité d'un témoignage que nous n'avons eu que par ouï dire. Toutefois comme chaque légende comporte une parcelle de vérité qu'il s'agit d'interpréter, ce récit permettra au profane d'entrouvrir la porte de l'insaisissable à la violence. Il lui suffira de retrouver la bonne clef ».
Ainsi, par cet artifice, il confesse interpréter son Maître « Le Comte Moncharville » et même bien plus, de n'avoir jamais rien entendu directement de sa bouche. En somme, de ne l'avoir jamais rencontré ou connu !
Enfin, soulignons un détail d'importance : malgré une suite annoncée à la fin de l'article et dans une autre page de la revue, Pierre de France ne publiera plus dans Initiation Magie Science (et celle qui suivra) contrairement aux autres contributeurs retenus.
Qu'en conclure ?
Face à une doxa inflexible, grande protectrice d'une pensée traditionnelle de l'ésotérisme, le jeune Pierre Plantard aurait pu citer la conclusion du livre IX de la République de Platon :
« Mais répondis-je, il y en a peut-être un modèle dans le ciel pour celui qui veut le contempler, et d'après lui régler le gouvernement de son âme. Au reste, il n'importe nullement que cette cité existe ou doive exister un jour : c'est aux lois de celle-là seule et de nulle autre, que le sage conformera sa conduite ».