News de Rennes le Chateau, actualités, articles de presses

L'énigme de l'abbé Saunière curé de Rennes le Chateau. A t-il à la fin du siècle dernier découvert un fabuleux trésor? Quel fut le secret de Bérenger Saunière qui dépensât plus d'un milliard et demi de francs? Ce forum sur Rennes le Chateau vous aidera peut-être à comprendre ou à résoudre cette énigme.

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Journée de l'étrange

Source: Le Midi Libre édition du mercredi 1 septembre 2010

Bienvenue dans le monde mystérieux du paranormal et des trésors cachés. Organisée par l'association pour la "Préservation de l'Ame" de Rennes-le-Château, l'Association pour les Recherches Thématiques sur Bérenger Saunière, les éditions ODS et Terre de Rhedae, cette journée est soutenue par la municipalité et par des maisons d'édition. Conférences et dédicaces se tiendront, à la salle de la Capitelle samedi 4 septembre. A 10 h 15, Thibaut Canuti, conférencier spécialisé dans les phénomènes extraterrestres, donnera un exposé intitulé "les Anciens Astronautes". A 11 h 15, Richard Nolane s'intéressera aux Vampires. Après la pause déjeuner, Philippe Ward fera à 14 h 30, un exposé sur "Montségur et le mythe cathare". A 15 h 30, Yves Lignon tiendra une conférence nommée "du Titan au Titanic".
A 17 h, passionné par l'affaire de Rennes-le-Château, Laurent Buchholtzer explorera les mystères de Rennes avec "Vous avez dit Rennes-le-Château ?".
En parallèle, sous l'égide de la librairie Atelier Empreinte, Antoine et Marcel Captier, Germain Blanc-Delmas, Christian Doumergue, Henry Lincoln, Paul Rouelle, Yves et Marie-Christine Lignon, Octonovo, Richard Nolane ou encore Philippe Ward dédicaceront leurs ouvrages.
Un pot de l'amitié conclura cette journée mystique.
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Limoux. Chercheur de trésors

Jean- Michel Pous, dans la vraie vie est cadre à la sécurité sociale, pas vraiment de quoi faire rêver ce Limouxin d'origine catalane.

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Photo DDM Didier Donnat

Alors le dimanche comme d'autres vont à la messe, font du sport ou le ménage, lui, cherche des trésors. Il ne sort jamais sans son attirail, boussole, cartes IGN, jumelles, gourde de 3 litres d'eau, avec paille amovible. Il arpente la région et remonte le temps et le fil de l'histoire. Il a commencé dans les années quatre-vingt, et dans le coin, pas de quoi s'ennuyer, entre Rennes-le Château, Rennes-les Bains, Bugarach, l'Arcadie tant fantasmée par certains, est pour lui sous ses pieds, à portée de mains, des mains, qui sont les meilleurs outils du chercheur, selon l'explorateur « Les puristes refusent le détecteur de métaux et la pioche, le trésor est vivant et il se mérite. » Et cela fait plus de 30 ans qu'il prospecte sur le terrain et dans les livres : « Je lis tout ce qui sort sur le trésor de Rennes- le- Château, des ouvrages les plus sérieux au plus fantaisistes, l'histoire est mon plus précieux bagage. Mes ouvrages de références sont « l'Histoire des antiquités et comtes de Carcassonne », de Guillaume Besse historien français du XVIIe siècle et la « Langue celtique ou le Cromleck » de l'abbé Henri Boudet, contemporain de l'abbé Saunière, qui avait son ministère à Rennes- les- Bains. Une histoire et des recherches qui aujourd'hui me permettent d'émettre une hypothèse. Il n'y a pas un trésor, mais plusieurs, c'est un lieu qui a vu défiler notre civilisation. Une convergence humaine sur un lieu mythique. Dans cinq ans nous aurons tout découvert. »Attention pour les néophytes du genre il faut s'accrocher aux branches, l'Indiana Jones limouxin, le Dan Brown de la haute vallée n'a pas peur de bousculer les croyances, les dogmes et les doctrines. Il pense que sont enfouis entre Bugarach et les deux Rennes : l'Arche d'Alliance, la menora (chandelier à 7 branches), le trésor de Delphes, celui des Visigoths, celui des Templiers , la dépouille de Marie-Madeleine et mieux encore, celle de Jésus. Une hypothèse qui, si elle s'avérait exacte, effectivement verrait coulait sur la région, là c'est sur, une fabuleuse richesse, celle du tourisme, un peu comme dans la Vallée des Rois entre Louxor et Karnak, en Égypte, ou plus près de chez nous, Lourdes.

Pour l'heure cet enquêteur, prospecteur du passé, met la dernière main à son ouvrage sur Alaric II, qu'il voudrait éditer chez Bélisane et propose une conférence sur sa dernière découverte à la mairie de Montlaur, le 14 août à 20 h 30, le tombeau du roi Alaric II.

Source: Françoise Peytavi. La Dépêche le 11/08/2010
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Le village de Rennes-le-château renfermerait...

Le village de Rennes-le-château renfermerait un trésor : voici l'histoire

S'il est un trésor dont la renommée n'est plus à faire, c'est assurément celui de Rennes-le-château. Trésor des wisigoths, de Blanche de Castille, des Cathares, des Templiers et bien d'autres. Ce petit village renferme un terrible secret dynastique.

Trésor ou pas trésor ?

S’il est un trésor dont la renommée n’est plus à faire, c’est assurément celui de Rennes-le-château.

Trésor des wisigoths, de Blanche de Castille, des Cathares, des Templiers et bien d’autres. Ce petit village renferme un terrible secret dynastique ou religieux, qui, s’il était révélé pourrait bouleverser l’histoire de France et du Monde.Rennes-le-Château

Au fil des différents ouvrages consacrés à ce “ mystère “, nous côtoyons les plus célèbres personnages : Alaric II, Dagobert II, Louis XIV, Nicolas Foucquet, Nicolas Poussin, Vincent de Paul, Louis XVII, Colbert, Victor Hugo, la famille Habsbourg, Jules Verne, Maurice Leblanc, Claude Debussy, Emma Calvé, François Mitterrand …. La liste est longue. D’une page à l’autre, des rencontres plus insolites ont lieu : Nicolas Flamel, Nostradamus, Fulcanelli, Jean XXIII, mais aussi Marie-Madeleine, Jésus, Joseph d’Arimathie etc… Comment un si petit village perché sur une colline du Haut-Razès et retiré des grandes cités, a-t-il su littérairement réunir autant de personnalités et d’évènements ?
Remontons à l’époque où le village ne s’appelait pas encore Rennes-le-château, nom hérité de l’ancien mot ” RHEDA ” signifiant ” char “.
Jusqu’au 19ème siècle, des géographes et historiens ne s’accordent pas unanimement sur la localisation à Rennes-le-Château de l’antique cité dont parle pour la première fois, sous le nom de ” Redasque ” l’évêque Théodulf dans un poème du VIII ème siècle. La confusion règne au point que ces éminents spécialistes ne distinguent pas Rennes-le-Château de Rennes-les-Bains.
Malte-Brun écrit : ” Rennes autrefois Redde, a donné son nom au Reddez ou Rasez ; c’était au onzième siècle un simple village flanqué de deux châteaux. Rennes n’a plus d’autre importance aujourd’hui que celle de ses eaux minérales désignées sous le nom de Bain Fort, Bain Doux, Bain de la Reine, Eau du Cercle et Eau du Pont. “En 1838, l’historien Fonds-Lamothe tranchait pourtant la question ” Par un acte de 1307 de Pierre de Voisins, il n’est plus permis, écrit-il de douter de la position de Redde à Rennes-le-Château “importante cité fut longtemps qualifiée de “ Capitale du Razès “, opinion qui ne fait plus l’unanimité à présent.
Au 13ème Siècle, perdant peu à peu de sa splendeur, la ville antique tombe définitivement dans l’oubli au grand avantage de Limoux, elle, en plein essor. Jusqu’à son extinction, de nombreuses et importantes pages de l’histoire ont été écrites à Rhedae.
C’est peut-être l’une d’entre elles qui a été découverte plusieurs siècles plus tard par un curé nommé à Rennes-le-Château, Bérenger Saunière.
A son arrivée dans le village en Juin 1885, celui-ci n’a pas un sou en poche.
Le lieu de culte et le presbytère sont en piteux état. Vingt ans plus tard, Bérenger Saunière a restauré entièrement l’église, rendu le presbitère confortable, acheté des terrains, construit une villa, érigé une tour, dessiné des jardins, etc..
Aujourd’hui, nous savons avec certitude que le curé a fait plusieurs découvertes dans son église et qu’il a bénéficié de libéralités notamment 3000 francs offerts en 1886 par la comtesse de Chambord. Mais cela peut-il tout expliquer ?
C’est à Henri Feur que l’abbé Saunière confie l’installation des vitraux de l’église.

Les authentiques découvertes

Entre novembre 1886 et Février 1887, en creusant le sol près de l’autel, l’abbé Saunière trouve un magot composé de quelques pièces d’or et d’objet du culte.
Plus tard en 1887 à l’occasion de la mise en place du nouvel autel, les ouvriers retournent une dalle sculptée sur sa face cachée.
La dalle, aujourd’hui exposée dans une salle du presbytère, aurait été exécutée à la fin du VIII ème siècle.
Mais la trouvaille la plus insolite est faite en 1889, lors de l’enlèvement de l’ancienne chaire : Antoine Captier, le carillonneur, découvre dans le chapiteau d’un balustre une fiole contenant un parchemin roulé qu’il s’empresse d’apporter au curé.
Le 21 Septembre 1891, Bérenger Sauniè écrit dans son journal personnel : ” Lettre de Granès. Découverte d’un tombeau, le soir pluie. “
Le prêtre a mis au jour le tombeau des Seigneurs de Rennes mentionné dans le registre obituaire de 1694. Huit jours plus tard, le 29 Septembre, il note : ” Vu Curé de Névian - Chez Gélis - Chez Carrière - Vu Cros et Secret. “
Le mot ” Secret ” prêta beaucoup à confusion. Pour les uns, il s’agit bien d’un secret. Pour les autres, il est l’abréviation de ” Secrétaire “, comme l’indique un second écrit de l’abbé Saunière. Mais le prêtre semble bien évoquer un secret. La comparaison des deux mots montre, en effet, que ” Secrét de l’évêché ” possède un accent alors que ” Vu Cros et Secret ” en est démuni.
En 1897, l’abbé Antoine Gélis est sauvagement assassiné à Coustaussa. Le criminel ne fut jamais arrêté. Lors de l’enquête, une somme de 13000 francs est retrouvée sur les lieux. Ce meurtre a-t-il un rapport avec le ” secret ” mentionné six ans plus tôt par l’abbé Saunière ?
A Rennes-le-Château, le curé fouille aussi le cimetière.
En mars 1895, les villageois choqués portent plainte à deux reprises.
L’argent du prêtre La fortune de l’abbé Saunière proviendrait en partie d’un étranger se faisant appeler ” Jean Orth ”

à suivre !

Source: communique-de-presse-gratuit.com le 27 août 2010
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1er Salon du livre à Rennes-le-Château

Source: La dépêche du 30 aout 2010

Le samedi 4 septembre prochain, le village audois de Rennes-le-Château tiendra son premier salon du livre. L'occasion d'y accueillir un grand nombre de stands de bouquinistes, d'éditeurs et de conférences d'auteurs venus de toute la France. Pour gérer la manifestation, le village deviendra piétonnier.

Ce salon sera également l'occasion de rassembler l'importante littérature réalisée sur « l'affaire » de Rennes-le-Château depuis plus de cinquante ans. Alimentée par les frasques et les mystères de l'abbé Saunière, qui fut le curé du village à la fin du XIXe siècle, cette littérature a pris un fort accent mystique, pour le plus grand bonheur d'adeptes d'ésotérisme et autres chasseurs de trésors. À noter que ce salon est porté par l'ARTBS, l'Association pour la rénovation de la tombe de Bérenger Saunière.
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L'église de Rennes-le-Château racontée par Daniel Duges

Source: Midi Libre du dimanche 29 août 2010

L'église de Rennes- le-Château racontée par Daniel Duges Vendredi 13 août, le foyer municipal a reçu un conférencier de haut niveau, Daniel Duges, artiste aux multiples facettes mais surtout un des chercheurs les plus reconnus sur les mystères de Rennes-le-Château. Un auditoire attentif attendait son exposé avec curiosité. Son intérêt pour ce site est un peu le fait du hasard. Dans les années 80, alors passionné par le catharisme, au cours de la visite de l'église de Rennes-le- Château, la découverte surprenante de la salle secrète dans la sacristie l'a amené à se poser des questions sur le pourquoi de cette salle. La première énigme à laquelle il s'est attaqué était de savoir ce que représente le grand bas-relief du fond de l'église. Une dizaine de personnages sont au pied de Jésus qui est
en train de parler mais aucun ne semble l'écouter. L'étude individuelle des personnages l'a conduit à envisager des signes de reconnaissance d'une société secrète. Après de nombreuses recherches, Daniel Duges a établi un lien avec la tradition maçonnique.
Daniel Duges a promis de revenir à Verzeille pour compléter les informations données et pour proposer un décryptage des symboles de l'église de Verzeille. Le lendemain, la conférence s'est prolongée par une visite guidée et commentée pour tous ceux qui souhaitaient se plonger dans le concret de l'église de Rennes-le-Château.
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Seynes (30) - Les travaux permettent de découvrir un trésor

Sources: Midi Libre - Édition du jeudi 1 avril 2010
Crédit photo DR



Les travaux de mise en discrétion du réseau électrique se poursuivent. D'importantes tranchées sont creusées à grands coups de pelle mécanique. Mardi matin, quelle ne fut pas la surprise des employés quand ils ont aperçu une caissette toute rouillée, sous un mètre de terre. Après les premières hésitations et toutes les précautions d'usage ayant été prises, la boite a été ouverte. Elle contenait une trentaine de pièces d'or et un lingot de 2 kg environ, en or également. L'état de conservation est remarquable : en effet, l'or ne se désagrège que très peu dans le temps. Sur l'une des pièces, on peut lire une date, 1632, à l'effigie d'un coq.
Le chantier a été aussitôt arrêté. Un expert numismate montpelliérain du patrimoine historique en milieu rural est intervenu sur le site. D'autres fouilles périphériques vont avoir lieu. Cela va freiner considérablement l'avancée du chantier initial. Le vieux village recèle peut-être d'autres trésors enfouis.

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Son tableau est bel et bien une œuvre de Nicolas Poussin

La Provence
Publié le mardi 20 octobre 2009 à 16H12 Par Virginie Batailler


Robert Tiers a consacré 20 ans de sa vie à l'authentification d'un tableau du peintre français qu'il détient.

Robert Tiers est "le" chercheur et historien d'art autodidacte et acharné qu'on a rarement croisé dans toute une vie. Ce tapissier-décorateur de métier, réputé sur le tout Avignon, et aujourd'hui à la retraite, a consacré 20 ans de sa vie à une œuvre du grand peintre français du XVIIe siècle, Nicolas Poussin.

Celui sans nom qu'il baptisera Le Jardin des Hespérides, il l'acquiert en novembre 1975 pour 9000 francs à l'époque dans un salon des antiquaires à Toulouse. Une pièce aujourd'hui très convoitée (de 74,5cm sur 99 cm) et pour laquelle il a remué ciel et terre afin de prouver son authenticité et d'en percer tous les secrets.

Il a parcouru Rome, pendant deux ans puis s'est rendu au Vatican pour le faire authentifier, puis est reparti, six ans plus tard, sur les traces de Poussin jusqu'en Aude, à Rennes-le-Château. Il découvrira le fameux paysage que Poussin a reproduit, juste au-dessus d'Espéraza ! Et grâce à 88 symboles, il établira des liens avec l'Histoire de France et la religion, notamment la signature du fameux Traité des Pyrénées, le 7 novembre 1659, et le trésor des Templiers dans la cité basse de Rennes-le-Château, détruite en 1171. Toute son étude sera précieusement enfermée dans un livre illustré, tiré à 500 exemplaires, paru en 2001 (Le 11e des travaux d'Hercule) et mis en ligne sur internet.

"Chercher, c'est comme manger et dormir"

Mais " il y a quelques semaines, confie-t-il un peu énervé, je tombe sur un interview de Pierre Rosenberg, l'ancien conservateur et directeur du musée du Louvre, spécialiste de Poussin, paru sur le site evene.fr , qui sans citer le nom du tableau présente celui que je détiens depuis 34ans! Or à l'époque où je l'avais présenté au musée Calvet, M.Rosenberg n'avait pas admis que c'était un Poussin. Je lui ai fait de multiples courriers dans un ton très courtois; il ne m'a jamais répondu et aujourd'hui le tableau prend place dans cet article !

Après toutes ces années dévouées à la recherche et principalement à Nicolas Poussin, j'aimerais bien savoir ce que compte faire M.Rosenberg pour clôturer cette étude..., s'interroge l'Avignonnais. "Je suis un autodidacte mais toutes ces années et toute cette expérience acquise ont fait de moi un chercheur et un historien. Faire des recherches, c'est comme manger et dormir, je ne peux pas m'en passer. J'ai ça dans l'âme." Nous avons bien réussi à joindre Pierre Rosenberg, mais au simple énoncé du propos, il n'a souhaité répondre à aucune de nos questions.

Robert Tiers s'amuse de voir que d'année en année, les acheteurs lui proposent des sommes toujours plus alléchantes pour ce paysage automnal du Poussin. " Et dire qu'on me l'avait attribué à un Millet… !", sourit-il. En effet, quand il a présenté ce tableau en 1976 au musée Calvet, on avait répété à Robert qu'il s'agissait "plutôt d'un Francisque Millet…" Mais Robert n'écoutera que son intuition. Il prendra son baluchon pour percer toute l'histoire que cache ce tableau et refaire le circuit de l'œuvre : depuis les mains de Poussin jusqu'à la brocante de Toulouse en passant par la commande du tableau par Fouquet, le ministre du roi Louis XIV à Charles Lebrun, peintre du roi.

Robert souhaite aujourd'hui que "son" tableau termine sa vie d'une belle manière, "dans le musée du Louvre ou dans celui des Augustins à Toulouse", propose-t-il. Et qu'enfin on reconnaisse tout le chemin parcouru autour d'une oeuvre estimée par son dénicheur à 50 millions d'euros...

Sources: La Provence

Robert Tiers a acheté le paysage automnal de Nicolas Poussin en 1975, dans un salon d'antiquaires. Depuis, il a dédié sa vie à son authentification et à l'histoire qu'il enferme.
Photo Jérôme Rey
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"Le symbole perdu" et retrouvé : Dan Brown décrypté

Publié le 26/11/2009 à 08:12 - Modifié le 26/11/2009 à 12:52 Le Point.fr

Attendu depuis six ans, depuis la parution du "Da Vinci Code", le nouveau Dan Brown débarque enfin en France. Le Symbole perdu brouille les pistes entre ésotérisme et faits historiques, l'occasion pour le duo Éric Giacometti et Jacques Ravenne de démêler le vrai du faux.

Par Julie Malaure

Avec les quelque 81 millions de ventes du Da Vinci Code à travers le monde, la parution du nouveau Dan Brown était un coup à ne pas manquer. Le Symbole retrouvé prend pour date de parution la veille de celle du Symbole perdu, et les nouveaux mystères de Dan Brown, à peine sur les étals des libraires, se voient déjà décryptés. Les responsables ? Deux auteurs de thrillers, Giacometti et Ravenne. On les connaît notamment grâce aux enquêtes du commissaire franc-maçon Antoine Marcas, dont le cinquième volume, Apocalypse, est paru cet été. S'ils se sont spécialisés dans les intrigues maçonniques, c'est que l'un, Jacques Ravenne, est maçon, tandis que l'autre, Éric Giacometti, s'y est intéressé de près dans le cadre de son métier de journaliste d'investigation. Complémentaire, ce duo apporte à la fois la connaissance de l'initié et la distance critique du profane. Et c'est un minimum pour aborder le syncrétisme foisonnant du nouveau Dan Brown. Ésotérisme, religion, alchimie, théories New Age, ou " conspirationnistes " - tout en se défiant d'y participer -, Dan Brown recycle, compile, fait sa petite cuisine pour un résultat saisissant qui a fait ses preuves il y a six ans, puisqu'on a vu des touristes-lecteurs du Da Vinci Code s'enquérir de la maison de Marie-Madeleine à Rennes-le-Château...

Première mise en garde donc, le procédé de l'auteur : Dan Brown, comme dans le Da Vinci Code prétend que " Tous les rituels, éléments scientifiques, monuments et oeuvres d'art décrits sont authentiques ". Un écueil, pour les auteurs du Symbole retrouvé, qui justifie la nécessité de cet ouvrage critique, mais admiratif, du travail de Brown. Qu'en est-il dans ce cas de la ville de Washington, cette " Esotéricollywood " où se déroule le roman ? Fut-elle bâtie selon une " volonté maçonnique " planifiée, où seulement inaugurée selon le protocole de la confrérie par le premier président, George Washington, puis Benjamin Franklin ? Les francs-maçons boivent-ils, comme le prétend Brown dans le premier chapitre, dans un crâne humain lors des rites initiatiques ? Ou l'auteur fait-il de quelques pratiques marginales et folkloriques une généralité ? Pour connaître la vérité, toute la vérité, et rien que la vérité sur la " Main des mystères ", les maçons tatoués, le " cabinet de réflexion " et le mystérieux " circumpunct ", il faut, dès la lecture de Brown achevée, se plonger dans le décryptage de Giacometti et Ravenne.


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Le Symbole retrouvé. Dan Brown et le mystère maçonnique , de Éric Giacometti et Jacques Ravenne (Éd. Fleuve noir, 280 pages, 15,90 euros).


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Le Symbole perdu , de Dan Brown, traduit de l'anglais par Dominique Defert et Alexandre Boldrini (Éd. J.C. Lattès, 597 pages, 22,90 euros).
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Enquête sur les sources de Da Vinci Code

Enquête sur les sources de «Da Vinci Code»

Déjà 8 millions de lecteurs dans le monde 6 400000 en France 6 se sont passionnés pour ce thriller politico-religieux qui, sur fond d’Opus Dei et de complots vaticanesques, nous dévoilerait la véritable histoire de Jésus et de Marie Madeleine. Mais l’énigme n’est pas seulement dans les pages du best-seller de Dan Brown. Elle est aussi dans les sources utilisées par le romancier américain, que révèle l’enquête inédite de Marie-France Etchegoin... Une enquête dans l’enquête qui fait sortir de l’ombre des personnages inquiétants ou farfelus. Le plaisir de lire reste entier. Mais mieux vaut savoir dans quelle encre Dan Brown a trempé sa plume...

Il s’appelait Plantard. Pierre Plantard. Il était le fils d’un valet de chambre et se disait descendant des rois mérovingiens. Dernier « héritier » caché d’une lignée éteinte depuis l’assassinat de Dagobert II, en 679! Il assurait détenir des documents qui en faisaient foi. Avant guerre, il fut quelques mois sacristain à Paris. Ensuite, il se présenta comme psychologue, «docteur ès sciences», «membre honoris causa de plusieurs sociétés hermétiques». Et surtout grand maître du Prieuré de Sion, un «ordre puissant et très ancien» qui travaillait dans l’ombre pour instaurer une «monarchie populaire dirigée par un Mérovingien» au nom des «véritables valeurs préchrétiennes». Le Prieuré de Sion, disait Plantard, avait compté parmi ses dignitaires Léonard de Vinci ou Jean Cocteau.
Un fou, ce Plantard qui aurait pu tomber dans les oubliettes de l’histoire. Et pourtant, depuis quelques mois, ses théories se sont propagées dans le monde entier. Mais personne ou presque ne sait qu’il en est l’auteur. Seuls les «adeptes» connaissent l’«incroyable secret»: l’ancien sacristain est l’inspirateur de «Da Vinci Code», le best-seller vendu à plus de 8 millions d’exemplaires. Le livre qui piétine le catéchisme et inquiète l’Eglise catholique. Le sujet central de ce thriller historico-ésotérique, qui se déroule en grande partie au Louvre et à Paris? Le Prieuré de Sion! Un ordre chargé de protéger et de transmettre une vérité étouffée dans le sang et la violence depuis des siècles par le Vatican: Jésus n’était pas célibataire. Il a eu des enfants avec Marie Madeleine dont les Mérovingiens sont les descendants cachés! Des descendants qui vivent encore aujourd’hui en France, et qui (nous apprend le livre) ont pour nom Plantard. Comme l’ex-sacristain. Le lecteur non averti ne voit sans doute dans ce patronyme fleurant bon la baguette et le béret qu’un petit nom franchouillard sorti de l’imagination d’un romancier américain. En fait, avec cet indice, Dan Brown signe son «crime». Et donne une clé qu’il n’a peut-être pas très envie qu’on tourne. Car en enquêtant sur la vie et les nauséabondes lubies de l’anonyme Plantard, sur ses «disciples» illuminés, cyniques ou simplement farceurs, on comprend où Dan Brown a puisé ses sources, à quelles «traditions» il se réfère sans le dire. Et on se dit que sa fiction n’est peut-être pas tout à fait innocente. Résumons-la (pour ceux qui y ont encore échappé) avant de repartir sur les traces de l’étrange Plantard.


Jésus donc couchait avec Marie Madeleine et ils eurent beaucoup de petits Mérovingiens. A première vue, le scénario est grotesque. Le roman est un page turner: chapitres courts, rebondissement toutes les deux pages. C’est le «Club des cinq» en Terre sainte. D’abord, il exploite le filon inépuisable de la théorie du complot. Il l’a déjà décliné dans ses précédents ouvrages, en particulier dans «Angels & Demons», où le héros récurrent de Brown, Robert Langdon, professeur de Harvard, raconte comment les «Illuminati» ont cherché autrefois à dominer le monde : «Ils sont devenus de plus en plus puissants en Europe, et sont ensuite partis conquérir les Etats-Unis, dont beaucoup de leaders étaient maçons (George Washington, Benjamin Franklin). Ils ont utilisé leur influence souterraine pour créer des banques, des industries, afin de financer leur but ultime : la création d’un Etat mondial unique, un nouvel ordre mondial laïque fondé sur la science.» Cela ressemble furieusement au «complot maçonnique». Deuxième ficelle de Brown : ses discours féministes qui ravissent les lectrices américaines. Il y a 2000 ans, répète-t-il dans ses interviews, à l’unisson de son personnage principal le professeur Langdon, dieux et déesses étaient égaux. Mais aujourd’hui les femmes ont été dépossédées de leur pouvoir spirituel. Dan Brown colle à l’air du temps quand il parle religion. Enfin, il surfe sur le besoin de merveilleux et de mystère. Il truffe son récit d’anagrammes, de messages codés (assez téléphonés). Ses admirateurs disent qu’il a écrit un «Harry Potter» pour adultes. «Il se contente de recycler tous les poncifs de l’imaginaire religieux, souligne Michel Quesnel, bibliste et recteur de l’Université catholique de Lyon. Les Templiers, les cathares, les manuscrits de la mer Morte, les secrets enterrés dans les caves du Vatican. Il ne manque plus que le frère jumeau de Jésus!»


Les héros de Dan Brown n’ont aucune consistance psychologique mais ils sont formidablement persuasifs. Ils nous guident dans le labyrinthe des éternels mystères sur l’étude comparée des religions, chacun y va de son petit topo. Saviez-vous que le disque solaire des dieux égyptiens est devenu l’auréole des saints? Que le 25 décembre était aussi la fête anniversaire de Dionysos? Que Blanche-Neige qui croque la pomme empoisonnée est une «allusion à la chute d’Eve dans le jardin d’Eden»? Que la pyramide du Louvre a été commandée par François Mitterrand, surnommé «le Sphinx», ce qui, selon «Da Vinci Code», n’est pas un hasard? Le roman de Dan Brown est une grande foire où tourne le manège de l’érudition, des à-peu-près et du n’importe-quoi. Un roman de l’ère internet, la Toile qui informe autant qu’elle intoxique. Cliquez «Jésus», «E.T.» et «Tom Cruise» et vous aurez la réponse!

En France, la conférence des évêques a préparé un argumentaire pour répondre aux questions des 400000 lecteurs du livre. Au cas où… Aux Etats-Unis, «Da Vinci Code» est depuis longtemps un sujet de polémique. Des fans se disent ébranlés par ses «révélations». Les théologiens et les universitaires contre-attaquent. Une dizaine de livres «sur» le livre ont déjà été publiés. Bien sûr Hollywood s’en mêle avec un film de Ron Howard déjà en préparation. Et, cet été, des tour-opérateurs ont organisé des «pèlerinages» touristiques sur les lieux de l’intrigue. Dire que c’est en partie grâce ou à cause de l’obscur Plantard que des milliers d’Américains ou de Japonais déambulent dans les couloirs du Louvre ou dans les allées de l’église Saint-Sulpice, à la recherche de la «vérité cachée derrière les apparences», méditant sur le «message» de la nouvelle bible placée en tête de gondole de tous les hypermarchés !
Mais Pierre Plantard, le Mérovingien déchu, ne savoure pas cette consécration planétaire. Il est mort en 2000, à l’âge de 80 ans. Dan Brown ne lui a jamais rendu hommage. Sans doute n’a-t-il pas envie de se compliquer la vie. Plantard n’est pas en effet le genre de type dont on se réclame. Comment l’Américain distingué a-t-il croisé la route du petit Français sulfureux? C’est une longue et incroyable histoire où l’on rencontre des poètes, des amateurs de surréalisme, des nostalgiques de Pétain, un curé milliardaire et même Roger-Patrice Pelat. L’histoire d’une mystification imaginée dans un petit cercle d’«initiés» et transformée en millions de dollars par un écrivain astucieux et les industriels de l’édition.

Au commencement donc était Pierre Plantard. Un triste sire. Sa «carrière» débute en 1940. Il vient d’avoir 20 ans et il s’agite dans Paris occupé. Ainsi, le 16 décembre 1940, il écrit une lettre exaltée à Pétain pour le «supplier d’arrêter une guerre créée par les juifs» et lui indiquer qu’il «dispose d’une centaine d’hommes dévoués à notre cause». Selon plusieurs rapports des Renseignements généraux de l’époque, conservés aujourd’hui aux archives de la Préfecture de Police de Paris, «Plantard apparaît comme l’un de ces jeunes gens illuminés et prétentieux, chefs de groupements plus ou moins fictifs, voulant se donner de l’importance pour se faire prendre en considération par le gouvernement». Il publie un bulletin antisémite baptisé «Vaincre» (qu’il rééditera d’ailleurs dans les années 1980) et se dit dirigeant de Rénovation nationale française, un groupuscule «antijuif et antimaçonnique, selon une note policière, qui se donne pour but "l’épuration de la France"». Le 21 avril 1941, Plantard écrit à la Préfecture pour l’informer que son mouvement a décidé, avec «l’appui des hautes autorités allemandes, de prendre possession du local inoccupé situé 22, place Malesherbes et loué à un juif anglais, M. Shapiro». Quelque temps plus tard, il crée un deuxième mouvement, toujours selon les RG: Alpha Galates, «ordre de chevalerie» et d’«entraide sociale», dont la devise est «Honneur et Patrie», et qui est évidemment «interdit aux juifs». Il est dirigé par «Sa Majesté druidique», en l’occurrence Pierre Plantard, qui signe désormais sous le nom de Pierre de France. Le fils de domestique commence à s’imaginer une ascendance noble et il met en place les premières pierres de sa mystification.
Sans doute Brown ne s’est-il pas renseigné sur le Plantard des années noires. Visiblement, il ne connaît de lui que sa dernière «trouvaille», la plus aboutie, et qui date de l’après-guerre: le Prieuré de Sion. Ainsi dès la première ligne de son livre, dans sa préface (intitulée «Les faits»!), Brown écrit: «La société secrète du Prieuré de Sion a été fondée en 1099 après la première croisade. On a découvert en 1975, à la Bibliothèque nationale, des parchemins connus sous le nom de "Dossiers secrets", où figurent les noms de certains membres du Prieuré, parmi lesquels on trouve sir Isaac Newton, Botticelli, Victor Hugo et Léonard de Vinci.» Mensonge. Le Prieuré de Sion ne remonte pas à l’époque des croisades. Mais au 7 mai 1956! Jour où Pierre Plantard, qui vit alors à Annemasse, est allé en déposer les statuts. Dans une banale sous-préfecture. A Saint-Julien-en-Genevois, en Haute-Savoie! Où est l’ordre chevaleresque chargé par Godefroi de Bouillon (dixit le professeur Brown) de trouver et de protéger des «documents secrets enfouis sous les ruines du temple de Salomon», avec l’aide des Templiers puis des cathares? Le Prieuré de Sion est une triviale association loi 1901! Certes, elle se réfère aux traditions d’entraide de l’«antique chevalerie» (Plantard cultive les mêmes obsessions que sous l’Occupation), mais son but premier est… de «défendre les droits et la liberté des foyers HLM»! Elle vivotera quelques mois en éditant un bulletin «Circuit» («Chevalerie d’Institution et Règle catholique indépendante et traditionaliste»!) qui parle du «problème de goudronnage des allées et des compteurs d’eau» dans certains immeubles d’Annemasse.

Pourtant, Plantard va peu à peu étoffer la légende de son Prieuré. Tant et si bien qu’en 1993 il aura droit à son Grand Inquisiteur. En la personne du juge Thierry Jean-Pierre. Plantard l’a inondé de lettres. Pour lui signaler que l’homme d’affaires Roger-Patrice Pelat, ami du président Mitterrand, et au centre d’une affaire instruite par l’ex-magistrat, avait été grand maître du Prieuré. Thierry Jean-Pierre se souvient de la perquisition au domicile de Plantard et il en rit encore: «Un fou!» L’épisode donna pourtant lieu à un article dans «Minute»: «Une société secrète dans l’ombre de Mitterrand» (1) et dans «France Soir»: «L’étrange piste de la société secrète» (2), où l’on se demande gravement si le Prieuré ne servait pas à blanchir l’argent de Pelat! Plantard avait donc trouvé quelques oreilles crédules ou malveillantes pour l’écouter. Et lui-même avait fini par croire à la fable qu’il avait forgée. Comment? En se greffant sur un mythe qui allait lui assurer une petite gloire dans les milieux ésotériques. Depuis la fin des années 1950, tout ce que la terre compte de chercheurs de trésor, d’occultistes, de radiesthésistes, de rosicruciens, d’«alchimistes», de kabbalistes, de «cryptographes», d’adorateurs du Saint-Graal, d’astrologues, d’ufologues (spécialistes des soucoupes volantes), ou de membres de «sociétés secrètes», Plantard en tête, se rendent un jour ou l’autre à Rennes-le-Château, hameau perdu à 40 kilomètres de Carcassonne, non loin des ruines cathares. Ils suivent les traces de l’abbé Saunière (Saunière, comme le nom que Brown donne au conservateur du Louvre dans «Da Vinci Code»). On raconte que le curé est devenu très riche après avoir fait des travaux dans sa petite église. Parce qu’il aurait découvert dans l’un des piliers de l’autel des parchemins qui l’ont mené au trésor des Templiers. Ou des cathares. Ou de Blanche de Castille. Ou les trois à la fois, les versions diffèrent (3).
Plantard a alors une idée de génie. Avec un marquis érudit et fantasque, Philippe de Cherisey, il va fabriquer les parchemins prétendument retrouvés par le curé. Des faux parchemins, donc, détaillant… la royale ascendance de Plantard (qui – noblesse oblige – a ajouté «de Saint-Clair» à son nom), la fondation du Prieuré de Sion en 1099 et la liste de ses grands maîtres (Léonard de Vinci...). Bref, tous les ingrédients de «Da Vinci Code». Plantard et Cherisey iront même déposer leurs faux à la Bibliothèque nationale au milieu des années 1960! Ce sont les fameux «dossiers secrets» que Dan Brown évoque dans sa préface comme preuve irréfutable de l’existence du Prieuré! Bien avant lui, d’ailleurs, en 1967, un Français, Gérard de Sède, ami de Plantard et Cherisey, y trouvera matière à plusieurs livres dont «l’Or de Rennes» (4) ou «la Race fabuleuse: extraterrestres et mythologie mérovingienne»! Gérard de Sède, ancien journaliste, voue un culte aux surréalistes. Il se réclame d’une phrase d’André Breton qui vaut programme: «L’imaginaire, c’est ce qui tend à devenir réel.» Déjà ses livres font un tabac et la légende du Prieuré de Sion est à son apogée dans les années 1970.

Mais il faut encore plusieurs années avant qu’elle n’arrive jusqu’à Brown. Grâce à trois Anglo-Saxons, Richard Leigh, Henry Lincoln et Michael Baigent, fondus d’ésotérisme et fascinés par Plantard. «J’ai assisté à leur première entrevue avec lui, raconte Jean-Luc Chaumeil, auteur de plusieurs livres sur le paranormal (5). C’était surréaliste. Ils l’ont salué en lui disant: "Bonjour Majesté".» En 1982, les trois compères publient un pavé intitulé «l’Enigme sacrée» (« Holy Blood, Holy Grail » ). L’histoire du Prieuré de Sion («son rôle dans la construction européenne et dans la politique et la haute finance internationale» ) à laquelle le trio a apporté une touche inédite: les Mérovingiens sont en réalité les arrière-arrière-petits-enfants de Jésus et Marie Madeleine. Même Pierre Plantard n’en demandait pas tant. Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, le livre est en tête des ventes pendant des mois. C’est un monument de littérature conspirationniste qui établit des connexions entre Nostradamus et Alain Poher, de Gaulle et Louis XIV et qui explique que le «monde actuel a besoin d’un véritable chef». Dans leur délire interprétatif, les trois «investigateurs» voient des «signes» partout. Une carte Michelin peut receler un sens caché. Une circulaire administrative devient un palimpseste. Et de fil en aiguille l’une des plus terribles manipulations de l’histoire – celle des «Protocoles des sages de Sion» (les célèbres faux édités en 1903) qui ont alimenté le mythe du «complot juif international» – revient sournoisement sur le tapis. Les trois auteurs affirment en effet qu’il s’agit de textes authentiques, issus du Prieuré de Sion. Simplement, ils auraient été remaniés et détournés de «leur sens originel», qui n’avait rien à voir avec les juifs mais plutôt avec des sociétés secrètes ou maçonniques! «Une thèse rebattue dans certains cercles ésotériques et aussi dans des mouvements d’extrême-droite», note l’historien Pierre-André Taguieff (7). Et c’est un exemplaire de ce même livre, «l’Enigme sacrée», que l’on trouve dans la bibliothèque d’un des héros de Dan Brown auquel il prête ce commentaire: «Les auteurs ont mêlé quelques éléments douteux à leurs analyses, mais le fond est parfaitement sérieux.» Clin d’œil de l’écrivain à ses prédécesseurs. Le seul. Comme pour Plantard, Brown ne les cite jamais même dans ses interviews. Il a pourtant repris toutes leurs théories (en éliminant avec un réel savoir-faire certaines de leurs scories, les «éléments douteux»). Jusqu’à quel point croit-il lui-même à ce qu’il a écrit? Sur son site internet, il explique: «Dans mon livre, je révèle un secret qui est murmuré depuis des siècles. Je ne l’ai pas inventé. C’est la première fois que ce secret est dévoilé dans un thriller à succès. J’espère sincèrement que "Da Vinci Code" servira à ouvrir aux lecteurs des nouvelles pistes de réflexion.» Car, ajoute-t-il, «depuis la nuit des temps, l’histoire a toujours été écrite par les "vainqueurs"». Doit-on comprendre qu’il faut la réviser? Ou Dan Brown prend-il cette pose pour entretenir la flamme autour de son best-seller? Il a déjà annoncé la suite des aventures du professeur Robert Langdon. Il y sera question de franc-maçonnerie. En attendant, un certain Gino Sandri a repris le flambeau de Plantard. Nouveau «secrétaire» du Prieuré de Sion, il explique que les faux fabriqués par son maître étaient en réalité un leurre «destiné à détourner l’attention pour protéger d’autres documents» (8) et un secret encore plus explosif.


(1) 13 octobre 1993. (2) 27 octobre 1993. (3) «L’abbé Saunière est tout simplement devenu riche en faisant du trafic de messes!», affirme Jean-Jacques Bedu, auteur de «Rennes-le-Château. Autopsie d’un mythe», Ed. Loubatières. (4) Robert Laffont. (5) «La Table d’Isis ou le Secret de la lumière», Editions Guy Trédaniel. (6) Pygmalion. (7) Auteur de «Protocoles des sages de Sion: un faux et ses usages dans le siècle », Berg International, 1992. (8) Sur le site internet de Rennes-le-Château.

Sources : Marie-France Etchegoin
Le Nouvel Observateur
Lire la suite : Enquête sur les sources de Da Vinci Code | Vus : 66 | Réponses : 0
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Pauvres chevaliers du Temple !

Le Nouvel Observateur
Marie-France Etchegoin

Pauvres chevaliers du Temple !

Et si leur malédiction était d'avoir été « kidnappés » par des sectes ou des groupes d'extrême droite...

Ils auraient caché un fabuleux trésor. Ils auraient été adorateurs de Satan. Ou gardiens du Saint-Graal... C'est la légende des templiers. Et l'un des plus gros bobards ésotériques. Car les pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon n'ont jamais constitué une société secrète. Mais un ordre tout à fait officiel, chargé de protéger les pèlerins en Terre sainte, puis d'administrer les territoires pris aux musulmans. Au début du XIVe siècle, avec leurs 2 000 commanderies, ils ont acquis une telle puissance financière qu'ils sont devenus les premiers banquiers du royaume. Le roi Philippe le Bel en prend ombrage et décide de faire arrêter les dignitaires de l'ordre un funeste vendredi 13 de l'an 1307. La plupart meurent sur le bûcher. L'ordre est dissous quelques années plus tard...

C'est le XVIIIe et surtout le XIXe siècle romantique qui redécouvrent les « chevaliers martyrs ». Certains francs-maçons, en recherche de glorieuse paternité, affirment qu'une poignée de survivants du Temple se seraient cachés en Ecosse et y auraient fondé les premières loges (ce que démentent les recherches historiques). D'autres relancent l'ordre du Temple et organisent même en 1808 une grande commémoration du supplice de Jacques de Molay (le grand maître brûlé vif sous Philippe le Bel) avec la bénédiction de Napoléon Ier... La veine templière est inépuisable. Aujourd'hui encore elle passionne des groupes d'historiens amateurs. Mais aussi des cercles de la droite radicale ou des sectes, parmi lesquelles l'ordre du Temple solaire. Des cercles d'extrême droite tentent aussi de « kidnapper » la mémoire des « pauvres chevaliers », en faisant de l'entrisme au sein de l'OTO (Ordo Templi Orientis) ou de l'OSMTJ (Ordre souverain et militaire du Temple de Jérusalem), toujours actifs. Qu'ils soient sectaires ou non, les groupes néo-templiers ont tous le même credo : les chevaliers étaient détenteurs d'un « savoir ésotérique », voire hérétique. Ils donnent pour preuve certaines de leurs confessions au moment de leur arrestation (adoration d'idoles, blasphèmes), en oubliant de préciser qu'elles leur ont été extorquées sous la torture. Autre légende : le prétendu « trésor du Temple » que certains cherchent encore à Rennes-le-Château, à Gisors ou en Grande-Bretagne. C'est sur cette histoire fantasmée des templiers que s'appuie le « Da Vinci Code ». Ajoutant pour faire bonne mesure quelques fantaisies supplémentaires : les templiers descendent de l'ordre du Prieuré de Sion (lequel est en réalité une association créée en 1956), ils étaient chargés de protéger la vérité explosive que l'Eglise voulait étouffer (Jésus couchait avec Marie Madeleine). Et ils étaient de mèche avec les cathares ! Cette secte religieuse, qui se développe dans le Languedoc au XIIe siècle, n'est pas, elle non plus, une société secrète. Ses membres vivent au grand jour avant d'être persécutés par l'Inquisition. Ils sont pourtant devenus, comme les templiers, un autre réservoir à fantasmes. Notamment grâce à Otto Rahn, un universitaire nazi, qui s'installe en Ariège dans les années 1930. Sa thèse ? Les cathares étaient des Aryens descendant des Wisigoths et ils cachaient le Graal dans leur château ! Depuis des confréries néo-cathares, plus ou moins secrètes, continuent à chercher la fabuleuse coupe...

Sources: Le Nouvel Observateur
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