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L'énigme de l'abbé Saunière curé de Rennes le Chateau. A t-il à la fin du siècle dernier découvert un fabuleux trésor? Quel fut le secret de Bérenger Saunière qui dépensât plus d'un milliard et demi de francs? Ce forum sur Rennes le Chateau vous aidera peut-être à comprendre ou à résoudre cette énigme.

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"Le symbole perdu" et retrouvé : Dan Brown décrypté

Publié le 26/11/2009 à 08:12 - Modifié le 26/11/2009 à 12:52 Le Point.fr

Attendu depuis six ans, depuis la parution du "Da Vinci Code", le nouveau Dan Brown débarque enfin en France. Le Symbole perdu brouille les pistes entre ésotérisme et faits historiques, l'occasion pour le duo Éric Giacometti et Jacques Ravenne de démêler le vrai du faux.

Par Julie Malaure

Avec les quelque 81 millions de ventes du Da Vinci Code à travers le monde, la parution du nouveau Dan Brown était un coup à ne pas manquer. Le Symbole retrouvé prend pour date de parution la veille de celle du Symbole perdu, et les nouveaux mystères de Dan Brown, à peine sur les étals des libraires, se voient déjà décryptés. Les responsables ? Deux auteurs de thrillers, Giacometti et Ravenne. On les connaît notamment grâce aux enquêtes du commissaire franc-maçon Antoine Marcas, dont le cinquième volume, Apocalypse, est paru cet été. S'ils se sont spécialisés dans les intrigues maçonniques, c'est que l'un, Jacques Ravenne, est maçon, tandis que l'autre, Éric Giacometti, s'y est intéressé de près dans le cadre de son métier de journaliste d'investigation. Complémentaire, ce duo apporte à la fois la connaissance de l'initié et la distance critique du profane. Et c'est un minimum pour aborder le syncrétisme foisonnant du nouveau Dan Brown. Ésotérisme, religion, alchimie, théories New Age, ou " conspirationnistes " - tout en se défiant d'y participer -, Dan Brown recycle, compile, fait sa petite cuisine pour un résultat saisissant qui a fait ses preuves il y a six ans, puisqu'on a vu des touristes-lecteurs du Da Vinci Code s'enquérir de la maison de Marie-Madeleine à Rennes-le-Château...

Première mise en garde donc, le procédé de l'auteur : Dan Brown, comme dans le Da Vinci Code prétend que " Tous les rituels, éléments scientifiques, monuments et oeuvres d'art décrits sont authentiques ". Un écueil, pour les auteurs du Symbole retrouvé, qui justifie la nécessité de cet ouvrage critique, mais admiratif, du travail de Brown. Qu'en est-il dans ce cas de la ville de Washington, cette " Esotéricollywood " où se déroule le roman ? Fut-elle bâtie selon une " volonté maçonnique " planifiée, où seulement inaugurée selon le protocole de la confrérie par le premier président, George Washington, puis Benjamin Franklin ? Les francs-maçons boivent-ils, comme le prétend Brown dans le premier chapitre, dans un crâne humain lors des rites initiatiques ? Ou l'auteur fait-il de quelques pratiques marginales et folkloriques une généralité ? Pour connaître la vérité, toute la vérité, et rien que la vérité sur la " Main des mystères ", les maçons tatoués, le " cabinet de réflexion " et le mystérieux " circumpunct ", il faut, dès la lecture de Brown achevée, se plonger dans le décryptage de Giacometti et Ravenne.


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Le Symbole retrouvé. Dan Brown et le mystère maçonnique , de Éric Giacometti et Jacques Ravenne (Éd. Fleuve noir, 280 pages, 15,90 euros).


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Le Symbole perdu , de Dan Brown, traduit de l'anglais par Dominique Defert et Alexandre Boldrini (Éd. J.C. Lattès, 597 pages, 22,90 euros).
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Enquête sur les sources de Da Vinci Code

Enquête sur les sources de «Da Vinci Code»

Déjà 8 millions de lecteurs dans le monde 6 400000 en France 6 se sont passionnés pour ce thriller politico-religieux qui, sur fond d’Opus Dei et de complots vaticanesques, nous dévoilerait la véritable histoire de Jésus et de Marie Madeleine. Mais l’énigme n’est pas seulement dans les pages du best-seller de Dan Brown. Elle est aussi dans les sources utilisées par le romancier américain, que révèle l’enquête inédite de Marie-France Etchegoin... Une enquête dans l’enquête qui fait sortir de l’ombre des personnages inquiétants ou farfelus. Le plaisir de lire reste entier. Mais mieux vaut savoir dans quelle encre Dan Brown a trempé sa plume...

Il s’appelait Plantard. Pierre Plantard. Il était le fils d’un valet de chambre et se disait descendant des rois mérovingiens. Dernier « héritier » caché d’une lignée éteinte depuis l’assassinat de Dagobert II, en 679! Il assurait détenir des documents qui en faisaient foi. Avant guerre, il fut quelques mois sacristain à Paris. Ensuite, il se présenta comme psychologue, «docteur ès sciences», «membre honoris causa de plusieurs sociétés hermétiques». Et surtout grand maître du Prieuré de Sion, un «ordre puissant et très ancien» qui travaillait dans l’ombre pour instaurer une «monarchie populaire dirigée par un Mérovingien» au nom des «véritables valeurs préchrétiennes». Le Prieuré de Sion, disait Plantard, avait compté parmi ses dignitaires Léonard de Vinci ou Jean Cocteau.
Un fou, ce Plantard qui aurait pu tomber dans les oubliettes de l’histoire. Et pourtant, depuis quelques mois, ses théories se sont propagées dans le monde entier. Mais personne ou presque ne sait qu’il en est l’auteur. Seuls les «adeptes» connaissent l’«incroyable secret»: l’ancien sacristain est l’inspirateur de «Da Vinci Code», le best-seller vendu à plus de 8 millions d’exemplaires. Le livre qui piétine le catéchisme et inquiète l’Eglise catholique. Le sujet central de ce thriller historico-ésotérique, qui se déroule en grande partie au Louvre et à Paris? Le Prieuré de Sion! Un ordre chargé de protéger et de transmettre une vérité étouffée dans le sang et la violence depuis des siècles par le Vatican: Jésus n’était pas célibataire. Il a eu des enfants avec Marie Madeleine dont les Mérovingiens sont les descendants cachés! Des descendants qui vivent encore aujourd’hui en France, et qui (nous apprend le livre) ont pour nom Plantard. Comme l’ex-sacristain. Le lecteur non averti ne voit sans doute dans ce patronyme fleurant bon la baguette et le béret qu’un petit nom franchouillard sorti de l’imagination d’un romancier américain. En fait, avec cet indice, Dan Brown signe son «crime». Et donne une clé qu’il n’a peut-être pas très envie qu’on tourne. Car en enquêtant sur la vie et les nauséabondes lubies de l’anonyme Plantard, sur ses «disciples» illuminés, cyniques ou simplement farceurs, on comprend où Dan Brown a puisé ses sources, à quelles «traditions» il se réfère sans le dire. Et on se dit que sa fiction n’est peut-être pas tout à fait innocente. Résumons-la (pour ceux qui y ont encore échappé) avant de repartir sur les traces de l’étrange Plantard.


Jésus donc couchait avec Marie Madeleine et ils eurent beaucoup de petits Mérovingiens. A première vue, le scénario est grotesque. Le roman est un page turner: chapitres courts, rebondissement toutes les deux pages. C’est le «Club des cinq» en Terre sainte. D’abord, il exploite le filon inépuisable de la théorie du complot. Il l’a déjà décliné dans ses précédents ouvrages, en particulier dans «Angels & Demons», où le héros récurrent de Brown, Robert Langdon, professeur de Harvard, raconte comment les «Illuminati» ont cherché autrefois à dominer le monde : «Ils sont devenus de plus en plus puissants en Europe, et sont ensuite partis conquérir les Etats-Unis, dont beaucoup de leaders étaient maçons (George Washington, Benjamin Franklin). Ils ont utilisé leur influence souterraine pour créer des banques, des industries, afin de financer leur but ultime : la création d’un Etat mondial unique, un nouvel ordre mondial laïque fondé sur la science.» Cela ressemble furieusement au «complot maçonnique». Deuxième ficelle de Brown : ses discours féministes qui ravissent les lectrices américaines. Il y a 2000 ans, répète-t-il dans ses interviews, à l’unisson de son personnage principal le professeur Langdon, dieux et déesses étaient égaux. Mais aujourd’hui les femmes ont été dépossédées de leur pouvoir spirituel. Dan Brown colle à l’air du temps quand il parle religion. Enfin, il surfe sur le besoin de merveilleux et de mystère. Il truffe son récit d’anagrammes, de messages codés (assez téléphonés). Ses admirateurs disent qu’il a écrit un «Harry Potter» pour adultes. «Il se contente de recycler tous les poncifs de l’imaginaire religieux, souligne Michel Quesnel, bibliste et recteur de l’Université catholique de Lyon. Les Templiers, les cathares, les manuscrits de la mer Morte, les secrets enterrés dans les caves du Vatican. Il ne manque plus que le frère jumeau de Jésus!»


Les héros de Dan Brown n’ont aucune consistance psychologique mais ils sont formidablement persuasifs. Ils nous guident dans le labyrinthe des éternels mystères sur l’étude comparée des religions, chacun y va de son petit topo. Saviez-vous que le disque solaire des dieux égyptiens est devenu l’auréole des saints? Que le 25 décembre était aussi la fête anniversaire de Dionysos? Que Blanche-Neige qui croque la pomme empoisonnée est une «allusion à la chute d’Eve dans le jardin d’Eden»? Que la pyramide du Louvre a été commandée par François Mitterrand, surnommé «le Sphinx», ce qui, selon «Da Vinci Code», n’est pas un hasard? Le roman de Dan Brown est une grande foire où tourne le manège de l’érudition, des à-peu-près et du n’importe-quoi. Un roman de l’ère internet, la Toile qui informe autant qu’elle intoxique. Cliquez «Jésus», «E.T.» et «Tom Cruise» et vous aurez la réponse!

En France, la conférence des évêques a préparé un argumentaire pour répondre aux questions des 400000 lecteurs du livre. Au cas où… Aux Etats-Unis, «Da Vinci Code» est depuis longtemps un sujet de polémique. Des fans se disent ébranlés par ses «révélations». Les théologiens et les universitaires contre-attaquent. Une dizaine de livres «sur» le livre ont déjà été publiés. Bien sûr Hollywood s’en mêle avec un film de Ron Howard déjà en préparation. Et, cet été, des tour-opérateurs ont organisé des «pèlerinages» touristiques sur les lieux de l’intrigue. Dire que c’est en partie grâce ou à cause de l’obscur Plantard que des milliers d’Américains ou de Japonais déambulent dans les couloirs du Louvre ou dans les allées de l’église Saint-Sulpice, à la recherche de la «vérité cachée derrière les apparences», méditant sur le «message» de la nouvelle bible placée en tête de gondole de tous les hypermarchés !
Mais Pierre Plantard, le Mérovingien déchu, ne savoure pas cette consécration planétaire. Il est mort en 2000, à l’âge de 80 ans. Dan Brown ne lui a jamais rendu hommage. Sans doute n’a-t-il pas envie de se compliquer la vie. Plantard n’est pas en effet le genre de type dont on se réclame. Comment l’Américain distingué a-t-il croisé la route du petit Français sulfureux? C’est une longue et incroyable histoire où l’on rencontre des poètes, des amateurs de surréalisme, des nostalgiques de Pétain, un curé milliardaire et même Roger-Patrice Pelat. L’histoire d’une mystification imaginée dans un petit cercle d’«initiés» et transformée en millions de dollars par un écrivain astucieux et les industriels de l’édition.

Au commencement donc était Pierre Plantard. Un triste sire. Sa «carrière» débute en 1940. Il vient d’avoir 20 ans et il s’agite dans Paris occupé. Ainsi, le 16 décembre 1940, il écrit une lettre exaltée à Pétain pour le «supplier d’arrêter une guerre créée par les juifs» et lui indiquer qu’il «dispose d’une centaine d’hommes dévoués à notre cause». Selon plusieurs rapports des Renseignements généraux de l’époque, conservés aujourd’hui aux archives de la Préfecture de Police de Paris, «Plantard apparaît comme l’un de ces jeunes gens illuminés et prétentieux, chefs de groupements plus ou moins fictifs, voulant se donner de l’importance pour se faire prendre en considération par le gouvernement». Il publie un bulletin antisémite baptisé «Vaincre» (qu’il rééditera d’ailleurs dans les années 1980) et se dit dirigeant de Rénovation nationale française, un groupuscule «antijuif et antimaçonnique, selon une note policière, qui se donne pour but "l’épuration de la France"». Le 21 avril 1941, Plantard écrit à la Préfecture pour l’informer que son mouvement a décidé, avec «l’appui des hautes autorités allemandes, de prendre possession du local inoccupé situé 22, place Malesherbes et loué à un juif anglais, M. Shapiro». Quelque temps plus tard, il crée un deuxième mouvement, toujours selon les RG: Alpha Galates, «ordre de chevalerie» et d’«entraide sociale», dont la devise est «Honneur et Patrie», et qui est évidemment «interdit aux juifs». Il est dirigé par «Sa Majesté druidique», en l’occurrence Pierre Plantard, qui signe désormais sous le nom de Pierre de France. Le fils de domestique commence à s’imaginer une ascendance noble et il met en place les premières pierres de sa mystification.
Sans doute Brown ne s’est-il pas renseigné sur le Plantard des années noires. Visiblement, il ne connaît de lui que sa dernière «trouvaille», la plus aboutie, et qui date de l’après-guerre: le Prieuré de Sion. Ainsi dès la première ligne de son livre, dans sa préface (intitulée «Les faits»!), Brown écrit: «La société secrète du Prieuré de Sion a été fondée en 1099 après la première croisade. On a découvert en 1975, à la Bibliothèque nationale, des parchemins connus sous le nom de "Dossiers secrets", où figurent les noms de certains membres du Prieuré, parmi lesquels on trouve sir Isaac Newton, Botticelli, Victor Hugo et Léonard de Vinci.» Mensonge. Le Prieuré de Sion ne remonte pas à l’époque des croisades. Mais au 7 mai 1956! Jour où Pierre Plantard, qui vit alors à Annemasse, est allé en déposer les statuts. Dans une banale sous-préfecture. A Saint-Julien-en-Genevois, en Haute-Savoie! Où est l’ordre chevaleresque chargé par Godefroi de Bouillon (dixit le professeur Brown) de trouver et de protéger des «documents secrets enfouis sous les ruines du temple de Salomon», avec l’aide des Templiers puis des cathares? Le Prieuré de Sion est une triviale association loi 1901! Certes, elle se réfère aux traditions d’entraide de l’«antique chevalerie» (Plantard cultive les mêmes obsessions que sous l’Occupation), mais son but premier est… de «défendre les droits et la liberté des foyers HLM»! Elle vivotera quelques mois en éditant un bulletin «Circuit» («Chevalerie d’Institution et Règle catholique indépendante et traditionaliste»!) qui parle du «problème de goudronnage des allées et des compteurs d’eau» dans certains immeubles d’Annemasse.

Pourtant, Plantard va peu à peu étoffer la légende de son Prieuré. Tant et si bien qu’en 1993 il aura droit à son Grand Inquisiteur. En la personne du juge Thierry Jean-Pierre. Plantard l’a inondé de lettres. Pour lui signaler que l’homme d’affaires Roger-Patrice Pelat, ami du président Mitterrand, et au centre d’une affaire instruite par l’ex-magistrat, avait été grand maître du Prieuré. Thierry Jean-Pierre se souvient de la perquisition au domicile de Plantard et il en rit encore: «Un fou!» L’épisode donna pourtant lieu à un article dans «Minute»: «Une société secrète dans l’ombre de Mitterrand» (1) et dans «France Soir»: «L’étrange piste de la société secrète» (2), où l’on se demande gravement si le Prieuré ne servait pas à blanchir l’argent de Pelat! Plantard avait donc trouvé quelques oreilles crédules ou malveillantes pour l’écouter. Et lui-même avait fini par croire à la fable qu’il avait forgée. Comment? En se greffant sur un mythe qui allait lui assurer une petite gloire dans les milieux ésotériques. Depuis la fin des années 1950, tout ce que la terre compte de chercheurs de trésor, d’occultistes, de radiesthésistes, de rosicruciens, d’«alchimistes», de kabbalistes, de «cryptographes», d’adorateurs du Saint-Graal, d’astrologues, d’ufologues (spécialistes des soucoupes volantes), ou de membres de «sociétés secrètes», Plantard en tête, se rendent un jour ou l’autre à Rennes-le-Château, hameau perdu à 40 kilomètres de Carcassonne, non loin des ruines cathares. Ils suivent les traces de l’abbé Saunière (Saunière, comme le nom que Brown donne au conservateur du Louvre dans «Da Vinci Code»). On raconte que le curé est devenu très riche après avoir fait des travaux dans sa petite église. Parce qu’il aurait découvert dans l’un des piliers de l’autel des parchemins qui l’ont mené au trésor des Templiers. Ou des cathares. Ou de Blanche de Castille. Ou les trois à la fois, les versions diffèrent (3).
Plantard a alors une idée de génie. Avec un marquis érudit et fantasque, Philippe de Cherisey, il va fabriquer les parchemins prétendument retrouvés par le curé. Des faux parchemins, donc, détaillant… la royale ascendance de Plantard (qui – noblesse oblige – a ajouté «de Saint-Clair» à son nom), la fondation du Prieuré de Sion en 1099 et la liste de ses grands maîtres (Léonard de Vinci...). Bref, tous les ingrédients de «Da Vinci Code». Plantard et Cherisey iront même déposer leurs faux à la Bibliothèque nationale au milieu des années 1960! Ce sont les fameux «dossiers secrets» que Dan Brown évoque dans sa préface comme preuve irréfutable de l’existence du Prieuré! Bien avant lui, d’ailleurs, en 1967, un Français, Gérard de Sède, ami de Plantard et Cherisey, y trouvera matière à plusieurs livres dont «l’Or de Rennes» (4) ou «la Race fabuleuse: extraterrestres et mythologie mérovingienne»! Gérard de Sède, ancien journaliste, voue un culte aux surréalistes. Il se réclame d’une phrase d’André Breton qui vaut programme: «L’imaginaire, c’est ce qui tend à devenir réel.» Déjà ses livres font un tabac et la légende du Prieuré de Sion est à son apogée dans les années 1970.

Mais il faut encore plusieurs années avant qu’elle n’arrive jusqu’à Brown. Grâce à trois Anglo-Saxons, Richard Leigh, Henry Lincoln et Michael Baigent, fondus d’ésotérisme et fascinés par Plantard. «J’ai assisté à leur première entrevue avec lui, raconte Jean-Luc Chaumeil, auteur de plusieurs livres sur le paranormal (5). C’était surréaliste. Ils l’ont salué en lui disant: "Bonjour Majesté".» En 1982, les trois compères publient un pavé intitulé «l’Enigme sacrée» (« Holy Blood, Holy Grail » ). L’histoire du Prieuré de Sion («son rôle dans la construction européenne et dans la politique et la haute finance internationale» ) à laquelle le trio a apporté une touche inédite: les Mérovingiens sont en réalité les arrière-arrière-petits-enfants de Jésus et Marie Madeleine. Même Pierre Plantard n’en demandait pas tant. Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, le livre est en tête des ventes pendant des mois. C’est un monument de littérature conspirationniste qui établit des connexions entre Nostradamus et Alain Poher, de Gaulle et Louis XIV et qui explique que le «monde actuel a besoin d’un véritable chef». Dans leur délire interprétatif, les trois «investigateurs» voient des «signes» partout. Une carte Michelin peut receler un sens caché. Une circulaire administrative devient un palimpseste. Et de fil en aiguille l’une des plus terribles manipulations de l’histoire – celle des «Protocoles des sages de Sion» (les célèbres faux édités en 1903) qui ont alimenté le mythe du «complot juif international» – revient sournoisement sur le tapis. Les trois auteurs affirment en effet qu’il s’agit de textes authentiques, issus du Prieuré de Sion. Simplement, ils auraient été remaniés et détournés de «leur sens originel», qui n’avait rien à voir avec les juifs mais plutôt avec des sociétés secrètes ou maçonniques! «Une thèse rebattue dans certains cercles ésotériques et aussi dans des mouvements d’extrême-droite», note l’historien Pierre-André Taguieff (7). Et c’est un exemplaire de ce même livre, «l’Enigme sacrée», que l’on trouve dans la bibliothèque d’un des héros de Dan Brown auquel il prête ce commentaire: «Les auteurs ont mêlé quelques éléments douteux à leurs analyses, mais le fond est parfaitement sérieux.» Clin d’œil de l’écrivain à ses prédécesseurs. Le seul. Comme pour Plantard, Brown ne les cite jamais même dans ses interviews. Il a pourtant repris toutes leurs théories (en éliminant avec un réel savoir-faire certaines de leurs scories, les «éléments douteux»). Jusqu’à quel point croit-il lui-même à ce qu’il a écrit? Sur son site internet, il explique: «Dans mon livre, je révèle un secret qui est murmuré depuis des siècles. Je ne l’ai pas inventé. C’est la première fois que ce secret est dévoilé dans un thriller à succès. J’espère sincèrement que "Da Vinci Code" servira à ouvrir aux lecteurs des nouvelles pistes de réflexion.» Car, ajoute-t-il, «depuis la nuit des temps, l’histoire a toujours été écrite par les "vainqueurs"». Doit-on comprendre qu’il faut la réviser? Ou Dan Brown prend-il cette pose pour entretenir la flamme autour de son best-seller? Il a déjà annoncé la suite des aventures du professeur Robert Langdon. Il y sera question de franc-maçonnerie. En attendant, un certain Gino Sandri a repris le flambeau de Plantard. Nouveau «secrétaire» du Prieuré de Sion, il explique que les faux fabriqués par son maître étaient en réalité un leurre «destiné à détourner l’attention pour protéger d’autres documents» (8) et un secret encore plus explosif.


(1) 13 octobre 1993. (2) 27 octobre 1993. (3) «L’abbé Saunière est tout simplement devenu riche en faisant du trafic de messes!», affirme Jean-Jacques Bedu, auteur de «Rennes-le-Château. Autopsie d’un mythe», Ed. Loubatières. (4) Robert Laffont. (5) «La Table d’Isis ou le Secret de la lumière», Editions Guy Trédaniel. (6) Pygmalion. (7) Auteur de «Protocoles des sages de Sion: un faux et ses usages dans le siècle », Berg International, 1992. (8) Sur le site internet de Rennes-le-Château.

Sources : Marie-France Etchegoin
Le Nouvel Observateur
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Pauvres chevaliers du Temple !

Le Nouvel Observateur
Marie-France Etchegoin

Pauvres chevaliers du Temple !

Et si leur malédiction était d'avoir été « kidnappés » par des sectes ou des groupes d'extrême droite...

Ils auraient caché un fabuleux trésor. Ils auraient été adorateurs de Satan. Ou gardiens du Saint-Graal... C'est la légende des templiers. Et l'un des plus gros bobards ésotériques. Car les pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon n'ont jamais constitué une société secrète. Mais un ordre tout à fait officiel, chargé de protéger les pèlerins en Terre sainte, puis d'administrer les territoires pris aux musulmans. Au début du XIVe siècle, avec leurs 2 000 commanderies, ils ont acquis une telle puissance financière qu'ils sont devenus les premiers banquiers du royaume. Le roi Philippe le Bel en prend ombrage et décide de faire arrêter les dignitaires de l'ordre un funeste vendredi 13 de l'an 1307. La plupart meurent sur le bûcher. L'ordre est dissous quelques années plus tard...

C'est le XVIIIe et surtout le XIXe siècle romantique qui redécouvrent les « chevaliers martyrs ». Certains francs-maçons, en recherche de glorieuse paternité, affirment qu'une poignée de survivants du Temple se seraient cachés en Ecosse et y auraient fondé les premières loges (ce que démentent les recherches historiques). D'autres relancent l'ordre du Temple et organisent même en 1808 une grande commémoration du supplice de Jacques de Molay (le grand maître brûlé vif sous Philippe le Bel) avec la bénédiction de Napoléon Ier... La veine templière est inépuisable. Aujourd'hui encore elle passionne des groupes d'historiens amateurs. Mais aussi des cercles de la droite radicale ou des sectes, parmi lesquelles l'ordre du Temple solaire. Des cercles d'extrême droite tentent aussi de « kidnapper » la mémoire des « pauvres chevaliers », en faisant de l'entrisme au sein de l'OTO (Ordo Templi Orientis) ou de l'OSMTJ (Ordre souverain et militaire du Temple de Jérusalem), toujours actifs. Qu'ils soient sectaires ou non, les groupes néo-templiers ont tous le même credo : les chevaliers étaient détenteurs d'un « savoir ésotérique », voire hérétique. Ils donnent pour preuve certaines de leurs confessions au moment de leur arrestation (adoration d'idoles, blasphèmes), en oubliant de préciser qu'elles leur ont été extorquées sous la torture. Autre légende : le prétendu « trésor du Temple » que certains cherchent encore à Rennes-le-Château, à Gisors ou en Grande-Bretagne. C'est sur cette histoire fantasmée des templiers que s'appuie le « Da Vinci Code ». Ajoutant pour faire bonne mesure quelques fantaisies supplémentaires : les templiers descendent de l'ordre du Prieuré de Sion (lequel est en réalité une association créée en 1956), ils étaient chargés de protéger la vérité explosive que l'Eglise voulait étouffer (Jésus couchait avec Marie Madeleine). Et ils étaient de mèche avec les cathares ! Cette secte religieuse, qui se développe dans le Languedoc au XIIe siècle, n'est pas, elle non plus, une société secrète. Ses membres vivent au grand jour avant d'être persécutés par l'Inquisition. Ils sont pourtant devenus, comme les templiers, un autre réservoir à fantasmes. Notamment grâce à Otto Rahn, un universitaire nazi, qui s'installe en Ariège dans les années 1930. Sa thèse ? Les cathares étaient des Aryens descendant des Wisigoths et ils cachaient le Graal dans leur château ! Depuis des confréries néo-cathares, plus ou moins secrètes, continuent à chercher la fabuleuse coupe...

Sources: Le Nouvel Observateur
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Languedoc-Roussillon, terre courage

L'Express
Par Jean-Christophe Notin, publié le 24/07/2009 17:57

Languedoc-Roussillon, terre courage

Cathares promis aux bûchers de la papauté, rudes camisards cévenols ou fiers vignerons du Midi rouge... Si, de Nîmes à Collioure, la riche "Provincia" romaine s'est faite pays de toutes les audaces, elle le doit d'abord à ces révoltés qui ont marqué son histoire.

Qu'ils étaient mal inspirés, ces vacanciers des années 1960, qui, l'été venu, ne voyaient dans le Languedoc-Roussillon qu'une rampe de lancement pour l'Espagne ! Ensorcelés par la Costa Brava, ils traversaient la région avec sans doute moins d'égards qu'en eurent dans le sens inverse, deux cent dix-huit ans avant notre ère, Hannibal Barca, ses dizaines de milliers de soldats et son petit troupeau d'éléphants. Il y a quarante ans, les ingrats snobaient les plages de Palavas, somptueusement figées par Gustave Courbet qui, lui, invité par son mécène, le Montpelliérain Alfred Bruyas, y avait fait deux séjours en 1854 et 1857. Ils ne prêtaient non plus guère d'attention à l'écrin de Collioure, contrairement à Matisse et Derain, qui y avaient attiré tous les fauvistes. Peut-être même n'y en eut-il aucun, à l'heure des yé-yé, pour fredonner La Mer le long des golfes clairs de l'Aude et de l'Hérault, qui avaient tant charmé Charles Trénet dans un train, entre Perpignan et Montpellier.

L'Espagne et ses stations balnéaires bon marché, voilà ce que guignaient les barbares modernes. Leurs descendants d'aujourd'hui savent-ils que, l'Espagne, ils peuvent déjà l'avoir avant les Pyrénées ? Petit quiz en effet : qui de la Martinique ou du Roussillon fut français le premier ? Réponse : l'île, en 1635, soit vingt-quatre ans avant le comté, qui était encore propriété de la Catalogne. Plus exotique encore : le Roussillon appartint pendant plus d'un demi-siècle au royaume de Majorque au même titre que les îles Baléares et la Cerdagne. Bien avant d'être proclamé centre du monde au gré d'une « extase cosmogonique » de Salvador Dali, Perpignan put ainsi se targuer, en 1276, d'être choisie pour capitale par le roi Jacques II d'Aragon, qui y fit bâtir un noble palais gothique sur la colline du Puig del Rey, le château de Collioure servant pour sa part de résidence d'été.

Le pouvoir royal s'étendait également sur la seigneurie de Montpellier, qui avait vu naître, en 1208, l'initiateur de ce singulier royaume, le père de Jacques II, Jacques Ier d'Aragon. Elevé par les templiers, « Jaume primer » pour les Catalans avait gagné pour la postérité le surnom de « conquérant » en reprenant aux Sarrasins Majorque, Ibiza, Valence et Murcie. Il fut aussi celui qui, en 1258, aux côtés de Louis IX, signa le traité de Corbeil instaurant les Corbières pour frontière entre le Roussillon aragonais et le Languedoc français. Seule Montpellier resta sous l'emprise de Jacques 1er, qui lui était trop attaché par sa mère, l'infortunée Marie de Guilhem. La cité sut, en 2008, le remercier de cette affection en fêtant le 800e anniversaire de sa naissance.

Les Espagnols ne furent pas les seuls à marquer de leur empreinte le Languedoc-Roussillon. Il y eut aussi les Grecs qui, de Marseille, vinrent fonder Agathé Tyché, devenue Agde, patrie du fameux corsaire Claude Terrisse. Métamorphosé par l'action de deux Jean, Le Couteur et Miquel, le cap voisin est désormais la première station touristique française en capacité d'hébergement.

Autre vestige de la Grèce antique : les conducteurs de l'A 9 ont-ils conscience qu'ils empruntent une route tracée par Hercule lui-même ? Le fils de Zeus y avait été contraint à l'occasion du dixième de ses travaux pour ramener à demeure tous les boeufs qu'il avait volés au géant andalou Géryon. En fait, la légende dit qu'il n'aplanit la roche, à coups de massue, qu'à partir des actuelles Alpes-Maritimes, mais la voie reliant l'Italie à l'Espagne avait bel et bien été baptisée « herculéenne » avant de devenir la fameuse Via Domitia (du nom du général Domitius)

Car le Languedoc-Roussillon, c'est bien sûr, et avant tout, Rome. Après Hercule, voici son fils, Nemausus, qui, dit encore la légende, au bout de la Camargue, fonda Nîmes, si romaine que sa Maison carrée serait dédiée aux petits-fils de l'empereur Auguste, Lucius Caesar et Caius Caesar. Au bord de l'Orb, les Romains installèrent également la colonie de Baeterrae sur un ancien site grec, puis celtibère, plus tard appelé Béziers. Et que dire de Narbonne, à l'origine Narbo Martius, érigée en capitale de la « Provincia », la Gaule narbonnaise, dont Jules César reçut le proconsulat ? Les peintures retrouvées dans les fouilles du Clos de la Lombarde, et qui sont conservées au musée archéologique, témoignent de la splendeur de la ville.

A l'instar de toute la région, Narbonne endura les lendemains calamiteux de la chute de l'Empire romain. L'histoire du Languedoc-Roussillon est alors chahutée par de longues périodes de troubles dont les querelles religieuses sont le principal moteur. La foi n'a certes pas induit que des malheurs.

La femme révoltée. Elisabeth Bouissonnade - Croquante et martyre

Ce fut pendue en place publique qu'Élisabeth Bouissonade termina sa vie, le 9 mars 1647. Deux ans plus tôt, à Montpellier, elle s'était révoltée avec quelques centaines de ses concitoyennes contre la levée, à l'occasion de l'avènement du jeune Louis XIV, d'une nouvelle taxe que la rumeur disait proportionnelle au nombre d'enfants. La troupe ouvrit le feu, avant d'être obligée de se barricader dans la citadelle. S'ensuivirent trois jours d'émeute émaillés de nombreux morts, qui finirent par émouvoir le nouveau monarque. Les principaux meneurs furent graciés ; pas Elisabeth Bouissonnade, qui avait brûlé la maison du chef du bureau des recettes. Outre une rame de tramway, Montpellier lui a dédié un centre d'accueil et d'hébergement pour femmes victimes de violences conjugales.


Le Languedoc peut s'enorgueillir d'avoir enfanté deux papes : le Saint-Gillois Guy Foulques, archevêque de Narbonne, qui, en 1265, prit à Rome le nom de Clément IV, et le Lozérien Guillaume de Grimoard, sixième pape d'Avignon en 1362. Le Gévaudan est aussi fier de compter parmi les seigneurs du village d'Allenc Foulques de Villaret, grand maître du très vénérable ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui conquit l'île de Rhodes en 1310, lors de la deuxième croisade.

Autre gloire locale, même si c'est dans l'Ardèche, à Lalouvesc, que les pèlerins vont se recueillir sur sa tombe : le village audois de Fontcouverte aime à rappeler que Jean-François Régis, saint patron des jésuites de la province de France, surnommé « l'apôtre du Vélay », a vu le jour et trouvé la vocation dans ses murs. Enfin, les sites remarquables de Saint-Guilhem-le-Désert et de Sainte-Enimie, qui sont encore imprégnés de la piété respective d'un petit-fils de Charles Martel et d'une soeur du roi Dagobert, comptent parmi les premiers legs à la région de la chrétienté conquérante.

Mais telle est la loi dans le Languedoc-Roussillon : aux splendeurs répondent immanquablement les tragédies. Le catharisme fut à l'origine de la première d'entre elles. A l'initiative du pape Innocent III, il fut combattu comme une hérésie, mais il servit aussi de prétexte aux seigneurs du nord de la France pour annexer le pays occitan. Carcassonne garde vibrant le souvenir de son jeune défenseur de 24 ans, le vicomte Raymond-Roger Trencavel, qui tint bon, en 1209, jusqu'à ce que la soif et la faim obligent la forteresse à capituler devant le redouté Simon de Montfort.

Un autre château, celui de Villerouge-Termenès, propriété des archevêques de Narbonne dans les Corbières, vit, en 1321, périr sur le bûcher le dernier des « parfaits » - ces cathares ayant reçu le « consolament », le baptême de l'esprit - Guilhem Bélibaste, au nom indissociable du mouvement cathare. Belle et ultime pirouette du destin pour ce natif de Cubières-sur-Cinoble qui, certes, n'abjura jamais sa foi, mais qui s'était aussi distingué auparavant en tuant, mentant et péchant outrageusement ! En somme, le plus célèbre des parfaits fut sans doute l'un des moins parfaits.

Le Languedoc subit par la suite bien des tempêtes religieuses, mais rien ne fut comparable à la révolte des camisards. En fait, le feu couvait dans les Cévennes depuis les dragonnades et la révocation de l'édit de Nantes, survenue en 1685. Le prédicant de Valleraugue François Vivent, revenu de son exil suisse, avait déjà payé de sa vie, en 1692, dans la grotte de Carnoules, un soulèvement raté. Dix ans plus tard, les camisards assassinent l'abbé du Chayla dans le bourg lozérien de Pont-de-Montvert. C'est le point de départ de ce qui est alors appelé la « guerre des Cévennes », succession de guets-apens huguenots, de représailles royales, d'actes de bravoure et de cruautés, qui ont ancré l'image, confirmée lors de l'occupation par le IIIe Reich, d'une terre de résistance. Dès 1876, l'écrivain Robert Louis Stevenson tint ainsi à remettre ses pas dans ceux des camisards.

En découlèrent un chemin, désormais baptisé GR 70, et un récit, paru en 1879, Voyage avec un âne dans le pays des Cévennes. Le chef camisard Jean Cavalier, né à Ribaute-les-Tavernes, qui termina sa vie gouverneur de l'île de Jersey, inspira en 1840 le roman éponyme à Eugène Sue ; un biopic, avec Jean Dujardin dans le rôle-titre, est également en préparation. Le 300e anniversaire de la mort sur le bûcher de Pierre « Esprit » Séguier, l'un des organisateurs de l'assassinat de l'abbé du Chayla, a quant à lui été dûment célébré en 2002, dans le hameau du Magistavols, surnommé la « Cévenne des Cévennes », dont il était originaire. Enfin, la maison natale d'Abraham Mazel, autre leader charismatique protestant, a été réhabilitée, en 1992, à Saint-Jean-du-Gard et abrite désormais un centre dédié à toutes les résistances.

Même si le Languedoc et le Roussillon apparaissent modérés à la Révolution, la tradition de révolte ne se perd pas. Mais à autre siècle, autres préoccupations, autres rages. Les progrès de la vigne au xixe rendent la région outrageusement dépendante du rendement des récoltes. Surproduction en 1850, oïdium en 1852, phylloxéra en 1869, mildiou en 1880 font valser les prix et lever la colère. L'apothéose survient en 1904 et 1905, avec un effondrement des cours en raison, principalement, de la concurrence des 6 millions d'hectolitres meilleur marché produits par l'Algérie. A Béziers, les clients paient le vin... à l'heure ! Le 11 mars 1907, un vigneron d'Argelliers, Marcellin Albert, prend la tête d'un mouvement dénonçant la fraude, la chaptalisation et le mouillage du vin. Dans les semaines suivantes, des centaines de milliers de personnes manifestent à Perpignan, Carcassonne, Nîmes et Montpellier, 600 maires du Languedoc abandonnent leur écharpe.

L'emprisonnement, le 19 juin, du plus emblématique d'entre eux, le socialiste-révolutionnaire Ernest Ferroul, premier édile de Narbonne, déclenche des incidents sévèrement réprimés par l'armée, même si le 17e régiment d'infanterie se mutine et fraternise avec la population. Le conflit prend fin grâce à la loi votée le 29 juin et au retour des prix à la hausse. Son coût : sept morts, dont la jeune employée de maison Cécile Bourrel. Sa morale : l'honneur ne vaut pas plus de 100 francs. En effet, pour avoir accepté un ticket de train de ce montant de la part du président du Conseil, Clemenceau, Marcellin Albert passe directement du statut d'« apôtre des vignerons » à celui de pestiféré : il meurt dans la misère et l'oubli que les Languedociens ont aujourd'hui largement effacé. Ainsi, 1 000 vignerons de toute l'Europe se sont réunis en 2007 à Montpellier pour le 100e anniversaire de la révolte.

Sur un tel terreau de contestation se devaient de naître des vocations politiques. Montpellier honore la mémoire du révolutionnaire, puis deuxième consul, puis prince-archichancelier de l'Empire Jean-Jacques-Régis de Cambacérès. L'historien François Guizot, né à Nîmes, s'opposa à Charles X et soutint Louis-Philippe Ier, dont il devint le charismatique ministre de l'Instruction publique. L'avocat libéral Odilon Barrot, de Villefort, fut, lui, l'un des grands artisans de la révolution de 1848. Quant à Carcassonne, elle peut faire de l'intransigeance le point commun entre les cathares réfugiés dans ses remparts et un Armand Barbès, né à Pointe-à-Pitre, mais de vieille famille audoise, qui, pour ses convictions, connut la prison sous trois régimes et l'exil à La Haye, où il mourut.

De la contestation à l'innovation, il n'y a qu'un pas que Languedociens et Roussillonnais ont souvent franchi. Innovation, d'abord, dans l'économie. De conserve avec l'agronome cévenol Olivier de Serres, le jardinier de Nîmes François Traucat initia au xvie siècle la culture intensive du mûrier qui lança la France dans la production de la soie. Natif de Nîmes encore, l'ambassadeur Jean Nicot fut le premier à introduire dans le pays le tabac - d'où la « nicotine » - qu'il offrit en présent à la reine Catherine de Médicis.

Innovation ensuite dans les sciences. Un portrait et une plaque disent la fierté de la petite commune lozérienne de Badaroux d'avoir vu naître en 1756 un maître de la chimie, de l'industrie et même de la politique, Jean-Antoine Chaptal. A l'autre bout du Languedoc, la réputation de l'université de médecine de Montpellier, fondée en 1289 par la volonté du pape Nicolas IV, n'est plus à faire. Y ont étudié ou enseigné Rabelais, Nostradamus, mais aussi le père de la chirurgie, Guy de Chauliac, ou encore Pierre Chirac, médecin du régent puis de Louis XV.

Vient enfin l'innovation par essence, celle des arts. Nîmes, toujours elle, a baptisé artères et lycées du nom de ses enfants chéris Alphonse Daudet et André Chamson. Montpellier en a fait de même avec Auguste Comte, Sète avec Paul Valéry et Bédarieux avec Ferdinand Fabre. Dans les arts plastiques, la Métairie, à Banyuls-sur-Mer, propose quelques oeuvres du maître qui l'occupa de 1910 à 1944, Aristide Maillol. Jean-Antoine Injalbert, dont les statues monumentales flanquent à Paris les ponts de Bir-Hakeim et Mirabeau, tenait son atelier dans la discrète Villa Antonine, qui est à visiter à Béziers. Reprendre ensuite l'A 9. Direction Céret, joyau du Vallespir, que le diable lui-même, un jour du xive siècle, a doté d'un pont afin de pouvoir enjamber l'impétueux Tech. A l'instigation du sculpteur barcelonais Manolo, les plus grands, Picasso, Braque, Soutine, Chagall, Matisse, ont un temps délaissé Paris au début du xxe siècle pour faire de ce village une authentique capitale mondiale de l'art. Le musée, voulu dès 1948 par Pierre Brune et Franck Burty-Haviland, expose magnifiquement ce que cette région longtemps délaissée peut inspirer à qui sait la regarder et la comprendre. Les adeptes de ce coquin d'abbé Saunière n'y connaissent rien, qui, à 100 kilomètres de là, s'acharnent à retourner toute la terre de Rennes-le-Château en quête d'un improbable magot abandonné par les Wisigoths ou les Templiers. Le vrai trésor du Languedoc-Roussillon, ils n'ont qu'à se redresser pour le contempler : il se trouve tout autour d'eux.

Le glorieux inconnu. Pierre-Paul Riquet - Canal historique

Un parfait exemple de destin broyé par l'Histoire. Si les canaux de Suez et de Panama sont associés à la mémoire de Ferdinand de Lesseps, celui du Midi, pourtant antérieur de deux cents ans et classé en 1996 au Patrimoine mondial de l'Unesco, semble rester orphelin. Le Biterrois Riquet, fermier général de Languedoc et de Cerdagne, baron de Bonrepos, permit pourtant à Louis XIV de relier l'Atlantique à la Méditerranée - vieille chimère qui courait depuis l'Antiquité - en suggérant, en 1662, de détourner les eaux de la Montagne noire. Menant le chantier à bras-le-corps avec le souci, très moderne, d'offrir les meilleures conditions de travail, il y investit ses propres deniers, n'hésitant pas à surmonter à l'occasion les interdictions de Colbert et même à proclamer : « Je suis le Moïse du Languedoc. » Le ciel l'aura sanctionné : il mourut un an avant l'achèvement des travaux, mené à bien par ses fils.



Sources: L'Express
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Entre cultuel et culturel, c'est toujours la Bonne entente

Le Midi Libre
Édition du dimanche 21 février 2010

Entre cultuel et culturel, c'est toujours la Bonne entente


Lundi dernier, Michel, Jean-François et Francis ont permis aux 50 courageux (le temps était chagrin) de la Bonne entente de goûter au bonheur de l'exercice physique, ainsi que du recueillement cultuel et culturel.
En effet, l'équipe les a conduits tout au long d'une jolie balade sur les rives escarpées du Cros, petit affluent de l'Argent double, sur le territoire de Caunes-Minervois.
Ce fut, bien entendu, l'occasion de découvrir la beauté du rouge turquin, ainsi que de l'incarnat veiné de blanc qui ont fait, et continuent de faire, la réputation du marbre exploité dans les Carrières du Roy.
Auparavant, le conférencier du jour avait judicieusement suscité l'intérêt de tous en présentant les légendes de la source miraculeuse et les particularités remarquables (en extérieur comme à l'intérieur) de ce sanctuaire (Notre-Dame du Cros), lié à l'histoire de Notre-Dame de Marceille (près de Limoux) et de Rennes-le-Château.
Attentif à l'évocation de la vie de ce grand bienfaiteur du 19 e siècle, que fut le père Chiron et de son mécène, le chanoine Mèche, liés tous deux au fameux abbé Saunière, les marcheurs, pleins d'interrogations pour ces épisodes mystérieux, ont parcouru allégrement le Rosaire et ses 15 mystères, naïvement illustrés au flanc de la colline, dominant le site avant que de s'attaquer au beau sentier reconnu par les accompagnateurs. Au total, encore une très agréable après-midi où la devise de la section, "marcher ensemble intelligent", a pris tout son sens.

Sources: Le Midi Libre
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Mystérieuse scène au pied du Bugarach

Deux frères et un sabre pour un suicide manqué

LES FAITS : Accompagné de son frère, un Charentais a tenté de se suicider au pied du pic de Bugarach

C'est une affaire plutôt sordide qui s'est nouée, récemment, au pied du pic de Bugarach, dans la Haute-Vallée de l'Aude. Le 20 octobre dernier, sur une route bordant le petit village, un automobiliste aperçoit à proximité de la chaussée un homme se traînant à terre, le thorax ensanglanté. Très vite, celui-ci appelle les secours qui transportent la victime vers l'hôpital de Carcassonne. Là, on constate que ses jours ne sont pas en danger.
En revanche, la nature des blessures interpelle. L'homme a les bras tailladés et la plaie sur son torse ressemble bien à un profond coup de... sabre ! Agression ? Pugilat ? L'homme refuse de donner la moindre explication.
Ces questions seraient restées sans réponse si un proche de sa famille n'était allé raconter toute l'histoire aux
gendarmes de Charente-Maritime. Car c'est bien là que cette histoire a commencé, comme l'a révélé hier le journal Sud Ouest . Le 19 octobre, deux hommes, deux frères, âgés respectivement de 51 et 49 ans, décident de quitter leur département pour rallier l'Aude.
Motif : l'aîné, habitant Châtelaillon, souhaite se donner la mort après sa mise en cause dans une affaire d'attouchements sexuels précipitant la rupture avec sa compagne. Face à cette épreuve qu'il ne veut accomplir seul, il demande de l'aide à son cadet.
Au petit matin du 20 octobre, voilà donc les deux frères aux portes de Bugarach. Passionnés d'ufologie ("étude" des ovnis...), ils considèrent sûrement la montagne qui surplombe le village comme le refuge souterrain d'une base extraterrestre : les écrits sur internet abondent sur le sujet... Ils s'arrêtent sur un terrain accidenté, fait de petits ravins, loin de tout. Là, l'aîné se taille les veines des avant-bras puis se plante un katana, un sabre japonais, dans le ventre. Déséquilibré, il tombe à terre et demande à son frère de quitter les lieux.
Reste à savoir si celui-ci l'a aidé dans son entreprise. S'il a enfoncé la lame dans le corps ou pas. Interpellé vendredi à son domicile de Royan, l'intéressé nie farouchement les faits, jurant qu'il n'a jamais touché l'arme. Mais son frère, qui était resté silencieux dans un premier temps, est catégorique : il a été assisté ; son cadet a enfoncé la lame.
Juridiquement, un problème se pose : « L'instruction devra démontrer si le frère a aidé la victime au suicide. Si c'est le cas, nous sommes bien dans une tentative d'homicide avec volonté de donner la mort » , explique le procureur de la République de La Rochelle, Jean-Luc Lennon, qui a ouvert une information judiciaire. Le cadet pourrait se retrouver devant les assises. En attendant, il a été laissé libre et placé sous contrôle judiciaire. Son aîné devrait bientôt sortir de l'hôpital.

Arnaud CHABÉ (Source Midi Libre du 4 novembre 2009)
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Rennes les Bains

Rennes-les-Bains. Mémoire du souvenir

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Recueillement avant dépôt de gerbe.Photo DDM,

La commémoration de la crue du 26 septembre 1992 a été commémorée à Rennes par une cérémonie simple en présence du sous-préfet Alain Tainturier et du conseiller général Jacques Hortala. Après le dépôt d'une gerbe à la stèle du souvenir, le maire Alain Girard demanda à la population présente une minute de silence, demanda de se souvenir de cette journée et surtout des trois victimes du village. Le conseiller général qui en septembre 1992 était alors maire de Rennes a tracé un bref historique de cette journée, a eu une pensée émue pour les victimes, remerciant ceux qui dès le lendemain se sont retroussé les manches soulignant que le risque zéro n'existait pas et mettant en exergue le travail du SMMAR pour le nettoyage du bassin versant de la Salz. Le sous-préfet, qui a pu visionner les cassettes existantes de ces événements, cassettes bouleversantes, s'est montré touché et ému, soulignant l'aide qu'a apportée l'État au nom de la solidarité dans une telle épreuve.
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Pseudos parapsychologues

Pour information-

Attention sur Rennes les Bains des pseudos parapsychologues organisent des conférences dans le seul et unique but de vous soutirer de l’argent –
Par principe ne jamais payer quoi que ce soit après ces conférences ni donner vos adresses à ces personnes qui ne manqueront pas de vous relancez pour vous soutirez de l’argent –

Voici une adresse ou déposer vos plaintes contres ces gourous -


UNADFI :
130 rue de
Clignancourt,
75018 Paris
01 44 92 35 92
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Nouveautés à lire

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Nouveautés à lire ... Je connais un endroit...où il n'y a rien au dessus

"Elle a vingt ans. Elle possède une carte. Une carte au trésor, celui des Templiers, qui se trouve dans une grotte près du village de Rennes-Le-Château dans l'Aude. J'ai travaillé 20 ans sur cette carte, elle est toute annotée, raturée; une croix noire et un point GPS indiquent l'entrée de la cavité." Paul Jude

Pour vous procurer le roman, merci d'envoyez un chèque à l'ordre de Magali DIARTE , d'un montant de 21,85 € (frais de port compris). Puis adresser votre courrier à : Magali DIARTE
Roman "je connais un endroit où il n'y a rien au dessus"
341 chemin moleresenborda - rte St Pée - 64480 USTARITZ
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disparition

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MICHEL A DISPARU...

Le 6 mars 2009 au soir, Michel Champendal a quitté son domicile d'Ambilly (74 - Haute-Savoie) ou il était depuis février dernier, en disant qu'il allait voir de la famille à Genève et nul ne l'a revu depuis. Nous craignons le pire concernant son état de santé. Michel est parti avec juste ses affaires sur le dos, peu d'argent et n'a même pas pris son traitement pour le diabète (il est insulinodépendant et doit faire quatre piqûres par jour).
Nous ne savons pas où il a pu aller, ni ce qui a pu lui arriver, et il n'a donné aucune nouvelle à ses proches et amis depuis cette date.
C'est pourquoi nous demandons à toute personne l'ayant peut-être vu, contacté ou croisé après le 6 mars 2009 de bien vouloir appeler d'urgence soit les services de la police française (sur Annemasse: 04 50 87 04 80, Paris: composer le 17 ) ou suisse (Genève 0041 (0) 22 427 86 70) ou encore de nous envoyer un mail à:
Nous joignons aussi un avis de recherche à diffuser le plus largement possible et à coller près des endroits de grand passage ou tout autre lieu public (gares, bibliothèques, librairies, etc...) et des liens vers des vidéos sur YouTube où il apparaît, à diffuser aussi avec cette annonce.
Toute idée, suggestion peut nous aider dans nos recherches. N'hésitez pas à nous contacter. Ne pas savoir, nous mine...
Merci d'avance de votre aide.
Sa famille, les EMCistes, ses Frères et ses amis
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